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Répercussions

Dérèglement climatique : la météo extrême de l’été a coûté 43 milliards d’euros à l’Europe

La France, l’Espagne et le Portugal ont été les pays où les dommages des événements climatiques extrêmes ont été les plus lourds, selon une étude publiée ce lundi 15 septembre par des économistes, dont certains de la Banque centrale européenne.

En Galice, en Espagne, le 18 août 2025. (Pablo Blazquez Dominguez /Getty Images. AFP)
Publié le 15/09/2025 à 8h22

On savait déjà que l’été 2025 a été le 3e plus chaud jamais enregistré en France. Mais ce qu’on apprend ce lundi 15 septembre, c’est que les vagues de chaleur, de sécheresses et d’inondations qui ont marqué l’été ont engendré 43 milliards d’euros de pertes pour l’économie européenne, selon une étude menée par des économistes. Et ce n’est qu’un début.

Cette étude, dirigée par Sehrish Usman de l’université de Mannheim (Allemagne) avec deux co-auteurs de la Banque centrale européenne, s’appuie à la fois sur des données météorologiques et des modèles économiques d’estimation des dommages causés par les événements météorologiques extrêmes - rendus plus fréquents et plus intenses par le changement climatique.

L’Espagne, la France et l’Italie ressortent comme les pays les plus touchés, chacun faisant face cette année à des pertes supérieures à 10 milliards d’euros. Celles-ci pourraient dépasser 30 milliards d’euros à moyen terme, cet été ayant été révélateur de la multiplication des canicules et des sécheresses. Les pays d’Europe centrale et septentrionale souffrent de dommages moins importants, mais les inondations tendent à s’y multiplier ces dernières années, ce qui devrait y faire grimper le coût des dérèglements météorologiques, note l’étude.

L’étude prend en compte les conséquences directes, comme la destruction de routes, d’immeubles ou de récoltes lors d’inondations. Mais aussi les conséquences indirectes, comme les pertes de production induites par le temps de reconstruction d’une usine, les pertes en vies humaines ou les coûts liés à l’adaptation. L’étude intègre également les impacts à plus long terme, car «le véritable coût des événements extrêmes […] s’étend bien au-delà de ses effets immédiats», souligne Sehrish Usman. La raréfaction ou la destruction de certains produits liées à la sécheresse peut ainsi entraîner une inflation à plus ou moins long terme.

Impacts indirects

Les auteurs soulignent que ces chiffres sont sans doute en dessous de la réalité, faute de prendre en compte les effets cumulés (vagues de chaleur et sécheresse étant souvent concomitants) et certaines autres répercussions du changement climatique, comme les incendies. Les chiffres des pertes économiques généralement compilés par les réassureurs ne couvrent que les dommages causés aux biens matériels, et omettent d’autres effets indirects comme les baisses de productivité liées à la chaleur, font-ils remarquer.

En prenant en compte tous ces éléments, l’étude estime que d’ici à 2029, les coûts macroéconomiques engendrés par les catastrophes de l’été 2025 pourraient atteindre 126 milliards d’euros.

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