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Climat

En Chine, les émissions de gaz à effet de serre n’augmentent plus depuis un an et demi

Les émissions de CO₂ chinoises sont restées stables au troisième trimestre, comme depuis mars 2024. Elles pourraient même baisser cette année. La pollution générée par le secteur des transports a notamment diminué de 5 %, grâce à l’essor des voitures électriques.

Une ferme solaire dans la province occidentale chinoise du Qinghai, le 1er juillet 2025. (Ng Han Guan/AP)
Publié le 11/11/2025 à 14h41

La Chine a-t-elle atteint son pic d’émissions de gaz à effet de serre ? Les émissions de CO₂ du pays n’ont pas augmenté au troisième trimestre de 2025 par rapport à 2024, d’après une analyse publiée ce mardi 11 novembre dans le média spécialisé Carbon Brief. Si la Chine est toujours le plus gros émetteur de dioxyde de carbone au monde, cela fait 18 mois consécutifs qu’il est parvenu à stabiliser ses émissions polluantes – une rare bonne nouvelle pour le climat.

Cette tendance, qui a débuté en mars 2024, signifie que les émissions globales de CO₂ chinoises pourraient même être en légère baisse cette année, en fonction «de ce qu’il se passera au cours du dernier trimestre», selon l’évaluation de Lauri Myllyvirta, du Centre for Research on Energy and Clean Air, basé à Helsinki.

«Si une augmentation ou une diminution des émissions de 1 % ou moins peut ne pas faire une grande différence d’un point de vue objectif, elle revêt une importance symbolique accrue», relève le rapport.

Certains secteurs chinois, particulièrement polluants, affichent d’ores et déjà des résultats encourageants : la pollution générée par le secteur des transports a diminué de 5 % ce trimestre, grâce au développement des voitures électriques. La production de ciment et d’acier a aussi affiché une baisse de ses émissions de dioxyde de carbone, quand le secteur électrique parvient à stagner alors même que la demande a augmenté de 6,1 %. En revanche, l’industrie chimique enregistre une forte hausse.

Désengagement américain

Malgré cette régularité depuis un an et demi, le moment précis du pic des émissions chinoises reste incertain. Il constitue toutefois une donnée essentielle pour mesurer les avancées de Pékin, qui a rendu public en septembre un objectif chiffré en matière de réduction de ses émissions nettes de gaz à effet de serre : 7 à 10 % d’ici 2035. S’il a été jugé décevant, il a le mérite d’exister, à l’heure où l’Europe n’a toujours pas d’objectifs climatiques clairs et où le gouvernement américain s’enfonce dans le climatoscepticisme.

Le retrait des Etats-Unis des accords internationaux sur le climat, sous la présidence de Donald Trump, permet à la Chine de jouer un rôle plus important dans ce domaine – et de se trouver une place à la COP30, qui s’est ouverte lundi à Bélem, au Brésil.

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