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Reportage

Transport de marchandises : en Gironde, un gigantesque projet d’usine de ballons dirigeables crispe élus et associations écologistes

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Soutenu par la région socialiste et pourvoyeur d’emplois, le projet de «baleines volantes», porté par une start-up française pour décarboner le fret lourd, est vivement contesté par des riverains, des élus et des associations écologistes qui le jugent destructeur pour la biodiversité et inutile.

Rachel Blais (à gauche) et Véronique, deux militantes pour le Groupe national de surveillance des arbres, le 5 février à Laruscade. (Rodolphe Escher/Libération)
ParEva Fonteneau
correspondante à Bordeaux
photo Rodolphe Escher
Publié le 08/02/2026 à 8h02

Pour prendre la mesure de l’immensité du projet et la manière dont il pourrait affecter l’écosystème, Rachel Blais, militante pour le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) nous emmène à Laruscade, une commune de 2 800 habitants entourée de forêts et traversée par la rivière Saye, dans le nord de la Gironde. Sur un sentier bordé de pins, de bouleaux et de quelques frênes, elle place ses mains en visière. «Vous voyez ces arbres ? Ils seront abattus, remplacés par deux gigantesques hangars de 240 mètres de long, 90 mètres de large et 70 mètres de hauteur, soit trois fois plus haut que les plus grands d’entre eux…» C’est ici, sur une parcelle de 75 hectares boisée à 90 %, à quarante minutes en voiture de Bordeaux, que la future usine de dirigeables de la start-up française Flying Whales, créée en 2012, pourrait sortir de terre cette année.

Présentées par leurs créateurs comme «une révolution dans le transport de fret aérien», ces «baleines volantes», qui ressemblent à de longs ballons ovales pourvus de nageoires flottant dans les airs, tiennent sur le papier du monstre d’ingénierie sorti d’

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