Tous les articles du Libé des animaux, en kiosque les 24 et 25 décembre, sont à lire ici.
Sur les berges du ruisseau du Ver, la terre est jonchée de branches nues, taillées en biseaux. L’écorce a été rongée à grands coups d’incisives. Paré de ses bottes en caoutchouc, Samuel Monnet, chargé de projet biodiversité à l’intercommunalité des Balcons du Dauphiné dans le nord de l’Isère, lève le doigt et prête attention au soudain bruissement de l’eau. «Deux signes sont caractéristiques de la présence de castors sur une rivière, explique-t-il, les tas de bois coupés en biais et le son des barrages.» Dans le mille. Face à lui, un impressionnant entassement de troncs obstrue le cours d’eau. C’est ici, à moins d’un kilomètre des habitants de Saint-Chef, qu’une famille de castors s’est installée il y a quelques mois, calfeutrée dans son terrier en cette journée grisâtre de novembre.
En construisant son barrage, la petite tribu a surélevé le niveau d’eau de la rivière, la faisant déborder dans les friches environnantes. «En inondant les terres, il recrée des zones humides», se réjouit Samuel Monnet. A ses côtés, Raphaël Quesada, directeur de l’association locale de protection de la nature Lo Parvi qui suit depuis quarante ans le retour du castor le long des affluents du Rhône. Lui ne porte pas de bottes, mais une passion débordante pour le plus gros rongeur d’E




