L’année 2025 aura eu son lot de déceptions en matière de protection de l’environnement. Les reculs ont été légion : rien qu’en France, l’objectif zéro artificialisation nette a été remis en cause, les zones à faibles émissions ont été supprimées et les normes environnementales pour l’agriculture ont été assouplies. En Europe, le tableau n’est guère plus reluisant : l’Union européenne a fait volte-face sur la fin des voitures thermiques et a reporté – une nouvelle fois – sa loi antidéforestation. Les Etats-Unis de Trump, eux, sont sortis de l’accord de Paris pour forer toujours plus de fossiles et ont lancé leur fronde contre les organisations scientifiques…
Pourtant, promis, il y a encore de quoi se réjouir – un peu. Quelques avancées, parfois discrètes, ont émaillé l’année, entre croissance spectaculaire des énergies renouvelables et espèces animales sur le retour, comme le pointe la BBC. En ce mois de décembre, Libé récapitule les cinq meilleures nouvelles sur le front du climat et de la biodiversité.
Essor des énergies renouvelables
En 2025, les énergies renouvelables ont officiellement détrôné le charbon – le plus polluant des combustibles fossiles – comme principale source d’électricité dans le monde. La croissance des capacités de production d’énergie propre s’accélère dans plus de 80 % des pays et d’ici 2030, la capacité totale des renouvelables devrait doubler par rapport à son niveau actuel, selon l’Agence internationale de l’énergie.
L’essor de l’éolien et du solaire est porté par la Chine, qui accroît considérablement sa production et domine les exportations de technologies associées. Désormais, le pays construit même des éoliennes qui exploitent la puissance des typhons. Ainsi, la Chine a vu ses émissions de CO2 diminuer en 2025 pour la première fois. Plus proche, en Europe, l’éolien est devenu la principale source d’énergie au Royaume-Uni, couvrant environ un tiers de la demande, tandis que le charbon a quasiment disparu. Attention toutefois à ne pas s’attarder sur l’arbre qui cache la forêt : malgré leur ascension fulgurante, les renouvelables restent encore minoritaires face aux fossiles.
Protection des océans
Après des décennies de négociations, un accord mondial pour réguler la haute mer a finalement été conclu en 2023 et ratifié par suffisamment de pays en septembre 2025 pour entrer en vigueur. La haute mer, c’est-à-dire les eaux où s’arrêtent les zones économiques exclusives des Etats, sous la juridiction d’aucun pays, représente près de deux tiers des océans. Pourtant, seulement 1,45 % de cette vaste zone est actuellement placée en aire marine protégée (AMP). Ce nouveau traité s’engage à augmenter ce pourcentage, pour tenter d’atteindre l’objectif des Nations unies de protéger 30 % des mers. Désormais, charge à la communauté internationale de veiller à ce que les activités humaines néfastes soient bien exclues de ces zones protégées.
De son côté, la France a annoncé le renforcement, en Polynésie, de la protection de l’aire marine gérée (un type d’AMP propre à cette région) Tainui Atea, créée en 2018. Avec 4,55 millions de kilomètres carrés, elle englobe l’entièreté de la zone économique exclusive de la Polynésie française – haut lieu de biodiversité marine – soit la moitié du domaine maritime français, la classant comme la plus grande AMP du monde.
Déforestation en recul
Cette année, quelques signes encourageants ont émergé concernant la déforestation. Les données officielles du Brésil montrent que la déforestation dans l’Amazonie brésilienne a diminué de 11 % entre juillet 2024 et juillet 2025, atteignant ainsi son niveau le plus bas depuis onze ans. Après avoir fortement augmenté en 2023, la déforestation a aussi reculé dans la région brésilienne du Cerrado, réputée pour la richesse de sa biodiversité.
Au niveau mondial, le taux annuel de déforestation a diminué de 38 % entre 2015 et 2025 par rapport à la période 1990-2000, selon un rapport de l’ONU. Plus de la moitié des forêts font désormais l’objet de plans de gestion à long terme. Malgré tout, plus de 10 millions d’hectares, soit une superficie équivalente à celle de l’Etat américain du Nevada, sont encore défrichés chaque année dans le monde.
Décision de justice historique
La Cour internationale de Justice (CIJ), la plus haute juridiction des Nations unies, a estimé en juillet que les manquements d’un Etat aux obligations de protection du climat constituent «un fait internationalement illicite». Une décision historique ouvrant la voie à des poursuites judiciaires entre pays : les nations les plus touchées par le changement climatique peuvent désormais exiger réparation aux pays pollueurs. Ce nouveau cadre juridique n’est pas contraignant, mais les experts s’accordent à dire que les conclusions de la CIJ ont un poids considérable et pourraient avoir une influence certaine sur les tribunaux du monde.
Rétablissement de certains animaux
Si l’effondrement de la biodiversité est bel et bien en marche, quelques espèces ont réussi à reprendre du poil de la bête, démontrant l’efficacité des mesures de conservation quand elles sont sérieusement mises en œuvre. C’est le cas des tortues vertes marines : chassées pour leurs œufs et leurs belles carapaces, elles ont été sauvées de l’extinction grâce à des décennies d’efforts de préservation. Avec des populations qui ont augmenté d’environ 28 % depuis les années 1970, elles sont officiellement passées en 2025 du statut d’«espèce en danger» à celui d’«espèce de préoccupation mineure» sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Pour d’autres espèces, la saison de nidification 2025 a été exceptionnelle, autant pour la tortue luth que pour la tortue Ridley de Kemp, la plus menacée.
Les tigres aussi, se portent de mieux en mieux. En un peu plus d’une décennie, leur population a doublé, pour atteindre 3 600 individus en janvier 2025. En Inde, un pays qui abrite 75 % de ces grands félins, leur territoire a progressé de 30 % en douze ans, soit une extension de près de 3 000 km² par an. D’importants efforts ont été déployés pour protéger ces fauves du braconnage et de la destruction de leur habitat, ainsi que pour réduire les conflits avec les humains qui vivent à proximité.




