Une somme inconcevable. Les catastrophes naturelles ont généré 3 260 milliards de dollars (2 800 milliards d’euros) de dégâts pour l’agriculture dans le monde en 30 ans, a calculé dans un rapport publié ce vendredi 14 novembre l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Reportage
Une écrasante majorité de ces désastres sont attribués aux aléas climatiques (inondations, tempêtes, sécheresses, feux de forêt) dont la récurrence et l’intensité ne cessent d’être accentuées par le réchauffement global des températures. Les autres, d’ordre géophysiques (tremblements de terre et activité volcanique), ont tout de même causé environ 360 milliards de dollars de dégâts.
Céréales, fruits, légumes, poissons
Pour son calcul, la FAO s’est concentrée sur la période 1991-2023. En trois décennies, les cataclysmes ont causé la perte de quelque 4,6 milliards de tonnes de céréales ou encore de 2,8 milliards de tonnes de fruits et légumes. Les pêcheries et l’aquaculture sont également touchées, notamment en raison des vagues de chaleur marines responsables de 5,6 milliards d’euros de pertes entre 1985 et 2022.
Sur le plan nutritionnel, les volumes perdus correspondent globalement à 320 kilocalories par personne et par jour, l’équivalent de 13 à 16 % des besoins quotidiens, estime aussi ce rapport. De quoi aggraver l’insécurité alimentaire mondiale.
Alimentation
Selon ce bilan, l’Asie a subi 47 % des pertes, reflet de l’importance de sa production agricole et de son exposition aux inondations, cyclones et sécheresses. L’Amérique (du Sud et du Nord) représente 22 % du total, avec en particulier les grandes cultures affectées par des sécheresses, ouragans, événements extrêmes récurrents.
Prévention numérique
L’Afrique porte 19 % des pertes financières, et c’est pour ce continent que celles-ci pèsent le plus lourd, emportant 7,4 % de son PIB agricole, souligne la FAO. Même répercussion sur les petits Etats insulaires, qui voient une part importante de leur agriculture détruite par les cyclones et la montée du niveau des océans.
Bonne nouvelle
Face à ces impacts, les outils numériques de prévention sont un moyen de «changer la donne», estime l’organisation onusienne, qui liste de nombreuses initiatives, qu’il s’agisse de suivi des infestations de ravageurs, de maladies animales ou d’alerte météo. Mais cela nécessiterait d’équiper tous les acteurs concernés, alors que plus de 2,6 milliards d’humains dans le monde n’ont toujours pas accès à internet, et que plus de 700 millions vivent sans électricité.




