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La canicule d’août responsable d’au moins 280 morts de plus que la normale

Dans son bulletin publié ce jeudi 11 septembre, Santé publique France révèle que les fortes chaleurs du 8 au 19 août ont entraîné la mort imprévue de 280 personnes, toutes âgées de 75 ans et plus.

La canicule d'août a concerné «40 % de la population résidant en France hexagonale» (Christophe Delattre/AFP)
Publié le 11/09/2025 à 14h31

280 morts de trop. Une surmortalité d’environ 5 % a été constatée en France lors de la canicule du 8 au 19 août, a annoncé ce jeudi 11 septembre Santé publique France (SPF). «Au moins 280 décès en excès toutes causes confondues (+ 4,7 %) ont été estimés durant cette canicule», écrit l’agence dans une synthèse nationale publiée trois semaines après la fin de l’épisode. Tous concernent des personnes âgées de 75 ans et plus, un public particulièrement vulnérable, précise SPF, rappelant qu’il est encore trop tôt pour établir un rapport direct de cause à effet entre ces morts et les fortes chaleurs.

Cette canicule a concerné 41 départements du Sud-Ouest au Centre-Est, «soit 40 % de la population résidant en France hexagonale», détaille l’agence sanitaire, évoquant «un épisode de fortes chaleurs remarquable par sa durée et son intensité». La Charente et les Alpes-de-Haute-Provence sont les deux départements les plus touchés par la surmortalité. C’est la deuxième mortalité en excès constatée lors de l’été 2025 : dans un précédent bilan, SPF indiquait que l’envolée des températures de la fin juin avait causé la mort d’au moins 480 personnes. Soit un total de 760 morts de plus que la normale pour cette période estivale.

«Un avant-goût de l’après»

Un bilan conséquent, mais bien loin de la tragédie d’août 2003, où l’intense vague de chaleur avait entraîné la mort de 15 509 personnes. Cette exceptionnelle surmortalité avait alors provoqué un électrochoc chez les autorités sanitaires et dans l’opinion, avec la mise en place d’initiatives pour limiter au maximum ce genre de drame. C’est à cette époque que Météo France instaure une «vigilance canicule», que des climatiseurs sont installés dans les maisons de retraite et que des messages de prévention sont diffusés dans la population.

Pas de miracle pour autant : en 2022, trois vagues de chaleur causent 2 816 décès en excès, lors du deuxième été le plus chaud enregistré depuis le début du XXe siècle. «C’est un avant-goût de l’après, a pointé la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, début septembre. A l’horizon 2100, les prévisionnistes considèrent que les canicules pourraient durer jusqu’à deux mois en continu et que le réchauffement en France métropolitaine sera de 4 degrés.»

D’où «l’importance de mettre en place des mesures de prévention pour diminuer l’impact de la chaleur, durant les canicules mais aussi durant tout l’été», écrit à nouveau Santé publique France, qui appelle à «la nécessité d’une stratégie d’adaptation au changement climatique renforcée, au niveau national et territorial».

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