A quatre jours du lancement de la COP30 pour le climat au Brésil lundi 10 novembre, la fondation philanthropique du milliardaire américain Michael Bloomberg a annoncé ce jeudi 6 novembre un nouvel investissement de 100 millions de dollars destiné à lutter contre les émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre qui attire une attention croissante dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Ces fonds sont destinés à soutenir le développement de la surveillance satellitaire internationale pour détecter et réparer les fuites de ce gaz produit principalement par l’agriculture et l’exploitation de combustibles fossiles. Bien que son pouvoir réchauffant soit bien plus élevé que celui du CO2, sa durée de vie plus courte, ce qui en fait un levier prioritaire pour une réduction rapide des émissions.
«L’un des moyens les plus efficaces»
«Les émissions de méthane sont l’un des principaux facteurs du changement climatique, mais aussi l’une des principales opportunités pour faire rapidement des progrès», a insisté Michael Bloomberg lors d’une conférence de presse. Il s’agit selon lui de l’un des «moyens les plus efficaces et les plus rentables pour ralentir le réchauffement climatique». Sa fondation travaille déjà sur la surveillance par satellite des fuites de méthane dans le monde et collabore avec des ONG spécialisées. Ces investissements et l’imagerie satellite sont par exemple nécessaires pour «mesurer le succès» de la régulation anti-méthane mise en place au Nouveau-Mexique, a expliqué sa gouverneure démocrate Michelle Lujan Grisham.
L’initiative du milliardaire américain a été saluée par António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, et par Emmanuel Macron, qui a déclaré être «prêt à travailler aux côtés de Bloomberg Philanthropies […] pour obtenir des résultats concrets pour le climat, la santé et notre avenir commun». Le président français a appelé fin octobre à «aller très vite et très fort» contre les émissions de méthane et Paris pousse pour que le sujet soit en haut des priorités lors de la COP30.
«Formaliser le rôle des villes, des Etats et des régions»
L’ancien maire de New York, magnat de l’information financière et actuel envoyé spécial des Nations unies sur l’ambition et les solutions pour le climat se plaît à porter une nouvelle casquette, celle de financeur de la lutte contre le réchauffement climatique, sur fond du retrait des Etats-Unis, qui n’enverront pas de délégation officielle à la COP30 et dont le président, Donald Trump, est ouvertement climatosceptique.
Cette annonce sur le méthane survient au lendemain d’une autre prise de parole de l’homme d’affaires au Forum des dirigeants locaux de la COP 30, durant laquelle il a fait part d’un financement de 168 millions de dollars de sa fondation pour «formaliser le rôle des villes, des Etats et des régions dans l’action climatique mondiale». Une somme qui s’ajoute aux plus de 770 millions déjà engagés par la fondation pour soutenir la lutte contre le changement climatique au niveau local.




