L’Asie n’en a pas terminé avec les pluies diluviennes. Créant des glissements de terrain et des crues soudaines, deux tempêtes tropicales combinées à d’intenses pluies de mousson ont provoqué la mort de plus de 1 800 personnes dans cinq pays la semaine dernière. En Indonésie et au Sri Lanka, les deux pays les plus durement touchés, de nouvelles alertes météo ont été émises pour ce samedi 6 décembre, alors que les secours sont toujours à la recherche de centaines de disparus.
D’après l’agence météorologique indonésienne, une pluie intense pourrait revenir dans les provinces d’Aceh et du nord de Sumatra, où l’eau et la boue ont enseveli les maisons. Plus de 800 000 personnes y sont actuellement hébergées dans des abris temporaires.
Le Centre de gestion des catastrophes du Sri Lanka (DMC) a émis une alerte dès vendredi, annonçant des pluies sur toute l’île ce samedi 6 et dimanche 7 décembre et mettant en garde les équipes de secours. «Les chutes de pluie ont dépassé les 150 mm par endroits ces dernières vingt-quatre heures. Si elles continuent, mettez-vous à l’abri pour éviter les risques de glissement de terrain», a averti l’organisation nationale en charge de la sécurité des bâtiments (NBRO).
Selon les derniers chiffres officiels actualisés samedi, le bilan s’élève désormais à 900 morts et 520 disparus en Indonésie, à Sumatra, la grande île de l’ouest, et 607 morts au Sri Lanka et 214 disparus. La Thaïlande a fait état de 276 décès liés aux intempéries de la semaine dernière. La Malaisie et le Vietnam ne déplorent la mort que de deux personnes.
Témoignage
Les nouvelles pluies torrentielles risquent d’entraver les opérations de nettoyage et les bilans pourraient également être alourdis par la faim qui menace les villages indonésiens inaccessibles. Selon le gouverneur de la province d’Aceh, Muzakir Manaf, les secours procèdent aux recherches de victimes «enfoncés dans la boue jusqu’à la taille» dans les zones les plus dévastées.
Déforestation en cause
Les gouvernements d’Indonésie et du Sri Lanka ont réagi de manière diamétralement opposée face à la catastrophe. Selon certains analystes, Jakarta pourrait hésiter à déclarer l’état de catastrophe nationale, et donc à solliciter l’aide internationale qui traduirait son incapacité à faire face seule.
Pour les organisations de défense de l’environnement, les dégâts des intempéries liées à la mousson sont aggravés en Indonésie par la déforestation massive, les exploitations illégales et un développement urbain non maîtrisé dans de nombreuses régions de Sumatra, où l’écoulement des eaux n’est pas ou peu canalisé.
De leur côté, les autorités du Sri Lanka ont sollicité l’aide internationale rapidement et le président, Anura Kumara Dissanayaka, a qualifié ces intempéries de catastrophe naturelle la plus grave jamais connue par le pays. Plus de deux millions de personnes, soit près de 10 % de la population, ont été touchées. Le DMC a indiqué que plus de 71 000 maisons avaient été endommagées, dont 5 000 entièrement détruites.




