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COP30 en Amazonie : les dirigeants à Belèm pour sauver la lutte climatique

En prélude au sommet pour le climat qui s’ouvre lundi au Brésil, une cinquantaine de dirigeants rejoignent ce jeudi 6 novembre le président Lula dans la ville fluviale de l’Amazonie.

A Belèm, au Brésil, le 3 novembre 2025. (Eraldo Peres/AP)
Publié le 06/11/2025 à 9h04, mis à jour le 06/11/2025 à 9h05

Objectif de la COP 30, tenter de sauver la lutte en faveur du climat, un combat menacé par les divisions, les tensions internationales et le retrait américain. Les dirigeants d’une partie du monde se retrouvent ce jeudi 6 novembre à Belèm, au Brésil. Ils sont une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement à avoir répondu à l’invitation du président Lula de se rendre dans cette ville fluviale de l’Amazonie en prélude à la 30e conférence sur le climat de l’ONU, la COP 30, organisée du 10 au 21 novembre.

Cent soixante-dix pays participent à la COP 30, mais les Etats-Unis, deuxième pollueur mondial, n’enverront pas de délégation, au soulagement de ceux qui craignaient que l’administration Trump vienne faire de l’obstruction, comme récemment pour couler un plan mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre du transport maritime.

Côté européen, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le prince William s’exprimeront jeudi et vendredi. Mais le président autrichien a renoncé à cause du prix des hôtels. La plupart des dirigeants du G20, dont Chine et Inde, seront absents.

«Assez parlé»

Pour la présidence brésilienne, l’objectif est de sauver la coopération internationale dix ans après l’accord de Paris, dont l’ONU admet désormais officiellement que l’objectif de réchauffement de 1,5 °C par rapport à la période préindustrielle sera franchi ces prochaines années.

Le Brésil ne cherchera pas de nouvelles décisions emblématiques à Belèm, mais veut que la COP 30 inscrive dans le marbre des engagements concrets et organise un suivi des promesses du passé, par exemple sur le développement des renouvelables.

«Assez parlé, il est maintenant temps de mettre en œuvre ce dont nous sommes convenus», a lancé Lula, dans un entretien à des agences de presse dont l’AFP.

Le Brésil doit lancer ce jeudi un fonds dédié à la protection des forêts (TFFF) ainsi qu’un engagement à quadrupler la production de carburants «durables». Plusieurs pays veulent aussi élargir les engagements à baisser les émissions de méthane, un gaz très réchauffant.

«Pas de la charité»

Une partie du monde en développement reste sur sa faim après l’accord arraché dans la douleur l’an dernier à Bakou sur la finance climatique et veut remettre le sujet sur la table. «Ce n’est pas de la charité mais une nécessité», martèle Evans Njewa, le diplomate du Malawi qui préside le groupe des pays les moins développés.

L’Union européenne ou les petits Etats insulaires (Aosis) veulent surtout aller plus loin dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en s’attaquant aux énergies fossiles. «Nombreux parmi nos pays n’arriveront pas à s’adapter à un réchauffement qui dépasserait les 2 °C, a rappelé Ilana Seid, diplomate de l’archipel pacifique des Palaos et présidente d’Aosis. Certains de nos pays en atoll n’existeraient plus vraiment.»

Le Brésil, qui se veut un pont entre Nord et Sud, n’est pas exempt de paradoxes, après un feu vert donné à l’exploration pétrolière au large de l’Amazonie. «C’est très contradictoire», assène Angela Kaxuyana, de la Coordination des organisations indigènes d’Amazonie brésilienne.

«Les mêmes gouvernements» qui s’engagent pour le climat «négocient l’exploration pétrolière» de la plus grande forêt tropicale de la planète, a-t-elle déploré à Belèm.

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