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Retour des grandes marées : prudence jusqu’à jeudi sur la façade atlantique, la Manche et la mer du Nord

Ce phénomène cyclique qui promet d’offrir un spectacle impressionnant sur les plages, risque d’entraîner une forte montée des eaux. Associée à de fortes précipitations, elle pourrait favoriser le risque d’inondations, notamment en Bretagne, déjà touchée ces derniers jours.

Les grandes marées à Saint-Malo, en Ile-et-Vilaine, le 2 mars 2025. (Nicolas Hasson-Faure/Hans Lucas. AFP)
Publié le 02/02/2026 à 18h48

Des grandes marées sont attendues sur les côtes atlantiques, de la Manche et de la mer du Nord, à compter de ce lundi jusqu’au jeudi 5 février, avec des coefficients supérieurs à 90 et pouvant aller jusqu’à 99 mardi. Si le phénomène promet d’offrir un spectacle impressionnant sur les plages, il présente «un risque accru», alerte la préfecture maritime de la Manche et la mer du Nord, alors que Météo France place déjà deux départements du Sud-Ouest en vigilance orange crues et plusieurs bassins bretons en vigilance jaune.

«Les grandes marées ont pour conséquence d’augmenter la différence entre la hauteur de la pleine mer et celle de la basse mer», rappelle la préfecture, ce qui entraîne une «remontée des eaux plus rapide». Ces cycles ont lieu tous les quinze jours, pendant les périodes de vives eaux, souligne auprès de Libération Gaël André, expert en marées au Service hydrographique et océanographique de la marine (Shom) à Brest. «Ces cycles de vives eaux ont lieu pendant les pleines Lunes et les nouvelles Lunes, lorsque la Terre, le Soleil, et la Lune sont alignés. Durant ces périodes, la force d’attraction de la Lune qui cause en temps normal les marées, est accompagnée de celle du Soleil qui vient aussi influer sur la hauteur de l’eau. On assiste ainsi à une montée des eaux plus forte que d’ordinaire», explique-t-il.

Risques d’inondations

Si les grandes marées de ces prochains jours n’«ont pas un coefficient excessivement fort» - celui-ci pouvant monter jusqu’à 120 lors de «marées du siècle», qui n’ont lieu que tous les 18 ans - elles restent «importantes» et potentiellement risquées, rappelle l’expert.

En particulier, lorsque certaines conditions météorologiques viennent s’ajouter au phénomène : «Si une dépression, de la houle ou de la pluie arrivent en plus, le niveau marin est d’autant plus relevé. Le risque est alors que les cours d’eau soient très chargés et qu’en raison des grandes marées, la pleine mer empêche les rivières et les fleuves de s’écouler. Dans ce cas-là, les rivières débordent autour de leurs lits, et on risque des inondations», précise Gaël André. Et ce «bien que les infrastructures côtières soient normalement faites pour pouvoir contenir le phénomène seul des grandes marées».

«Noyade ou isolement par la marée»

De nouveaux débordements pourraient donc avoir lieu, notamment en Bretagne, selon Vigicrues, service d’information gouvernemental sur le risque de crues des principaux cours d’eau en France. Les bassins de l’Odet, du Laïta, du Blavet, de l’Oust et de la Vilaine aval sont ainsi en vigilance jaune crues depuis ce lundi 2 février, alors que la région Bretagne a déjà subi de nombreuses inondations ces dernières semaines et qu’il y a six jours, les quatre départements bretons étaient tous placés en vigilance orange crues par Météo France.

Par ailleurs, la Charente-Maritime et la Gironde ont été placées en vigilance orange pour un risque de crues majeures ce lundi 2 février après-midi. Des «débordements modérés à importants» sont attendus mardi et mercredi matin sur l’estuaire de la Gironde, la confluence des fleuves Dordogne et Garonne, et sur la Seudre, fleuve côtier de Charente-Maritime, en raison de «fortes marées», a indiqué Vigicrues. «La conjonction des marées de vives eaux et des débits de la Seudre va provoquer des débordements importants et localement dommageables», détaille le site. Les secteurs de Bordeaux et Libourne, et de Saujon, près de Royan, en Charente-Maritime, sont notamment concernés.

La préfecture maritime appelle en parallèle à la prudence des «baigneurs», «promeneurs» et «pêcheurs à pied» sur toute la façade maritime de la Manche et de la mer du Nord. Les grandes marées rendent «les courants marins plus forts et la mer plus dangereuse, engendrant un risque accru de noyade ou d’isolement par la marée», rappelle-t-elle.

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