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Science participative

Dans le XXe arrondissement de Paris, l’étude des eaux usées passe par le menu des écoliers

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Une équipe du CNRS a fait manger davantage de chocolat ou de fruits et légumes au déjeuner à plus de 13 000 élèves de l’est de la capitale, pour voir si la nature des excréments circulant dans les égouts était modifiée.

Un égoutier près de la gare de Lyon, à Paris, le 21 octobre 2025. (Guillaume Baptist/AFP)
Par
Swann Deseine
Publié le 02/12/2025 à 20h24

«Lundi midi à la cantine, on a mangé un fondant au chocolat pour aider la science, ça va ce n’était pas trop dur», s’amuse Marie (1), 10 ans, en CM2 à l’école Bretonneau, dans le XXe arrondissement de Paris. Ce vendredi 28 novembre, les pommes de terre attendront sur le plateau : l’urgence, pour cette élève de CM2 et ses camarades, est de raconter fièrement – chacun y allant de sa précision – tout ce qu’ils savent désormais des égouts.

Depuis 2022, leur quartier sert de terrain d’étude au projet de recherche Egout (Extended Geochemical Observation of Urban Trajectories), piloté par le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, à l’université Paris-Saclay. Pendant la semaine du 24 au 30 novembre, les menus proposés à Marie et à quelque 13 500 écoliers et collégiens du XXe ont été élaborés avec les scientifiques qui orchestrent cette nouvelle campagne. Leur objectif : analyser les eaux usées de l’arrondissement pour y détecter les traces d’aliments qu’ils ont préalablement demandé aux habitants – et en particulier aux enfants – de consommer chaque jour, comme le chocolat le lundi ou le chou-fleur le jeudi.

«Les égouts sont le reflet de nos pratiques, de ce que l’on consomme, de ce que l’on fait», souligne le pilote du projet, le géochimiste Jérémy Jacob, directeur de recherche au CNRS. Les eaux usées sont étudiées depuis une trentaine d’années mais surtout sous l’angle de la santé : recherche de résidus de médicaments, de drogues,

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