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Dans les facs françaises, un appel à «l’objection de conscience» contre l’IA

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Le groupe de recherche Atecopol, basé à Toulouse, incite les enseignants-chercheurs à refuser toute utilisation de l’IA pour discuter des impacts environnementaux et sociaux de l’essor de cet outil.

(Henrike Stahl/Libération)
Publié le 20/12/2025 à 10h15

Face au déploiement de l’intelligence artificielle, la résistance s’organise. Un mouvement «d’objection de conscience» a été lancé le 1er décembre au sein des laboratoires et des universités de toute la France par l’Atelier d’écologie politique de Toulouse (Atecopol) – un regroupement de chercheurs travaillant sur les bouleversements écologiques en cours et leurs conséquences. Deux semaines plus tard, le texte appelant à cette objection de conscience et à une critique de la technologie a reçu 2 000 signatures de soutien.

«Dignité personnelle»

«On aurait pu ne recueillir que dix soutiens, cela n’aurait rien enlevé à la justesse de notre positionnement. Il s’agit avant tout d’une question de dignité personnelle. Tout comme un objecteur de conscience n’empêche pas une guerre d’arriver, il refuse juste d’y prendre part», explicite Jean-Michel Hupé, chercheur en écologie politique au CNRS et membre de l’Atecopol. Avec leur mouvement, les scientifiques espèrent générer un débat citoyen. «Notre appel pose une question éthique face à une technologie qui nous met sur une trajectoire anti-humaniste au regard de ses conséquences sociales et environnementales», juge Guillaume Carbou, auteur du texte et maître de conférences en sciences de la communication de l’Université de Bordeaux. Lui-même ne possède pas de téléphone de portable.

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