Il pleut, sans relâche. Une partie du sud de l’Espagne et plusieurs régions du Portugal sont en proie, ce mercredi 4 février, à des pluies diluviennes dues à la dépression Leonardo, qui a paralysé les transports et entraîné la fermeture des écoles.
En Espagne, c’est «le pire des scénarios»
La région méridionale d’Andalousie est touchée par des précipitations qualifiées d’«extraordinaires» par l’Aemet, l’agence météorologique nationale, qui évoque le risque de «possibles glissements de terrain, d’inondations et de crues». «Les sols sont très saturés, les cours d’eau charrient déjà beaucoup d’eau et peuvent connaître des crues très, très importantes», a mis en garde sur X son porte-parole, Rubén del Campo.
Une «alerte rouge», le niveau le plus élevé, a été émise dans les zones de Cadix et de Ronda et de plusieurs massifs alentours.
04/02 13:12 AVISOS HOY Y MAÑANA | España: vientos, costeros, tormentas, lluvias, deshielos y nevadas. Nivel máximo de aviso: rojo.
— AEMET (@AEMET_Esp) February 4, 2026
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«Ça a été une nuit extrêmement intense», a raconté à la télévision publique TVE Carlos García, maire de la petite ville de Grazalema, qui a affirmé que depuis minuit, «180 litres» d’eau par mètre carré étaient tombés dans la région.
A ce stade, plus de 3 000 personnes ont déjà été évacuées par précaution, selon les services de secours, et la plupart des écoles ont été fermées par les autorités locales, les déplacements étant fortement déconseillés. A l’exception de celles dans la province d’Almería, à l’extrémité est de la région, plus épargnée. Ces mesures sont «très efficaces», ont assuré les secours régionaux sur X, estimant toutefois que «le pire des scénarios envisagés» était en train de se dérouler.
Le trafic ferroviaire dans la région andalouse est également quasiment entièrement suspendu, a par ailleurs annoncé la Renfe, l’opérateur national. Dès mardi, à la veille de ce nouvel épisode pluvieux, le président de la région, Juan Manuel Moreno, avait appelé la population à une «extrême prudence», peu avant l’annonce du déploiement de militaires de l’unité spéciale de secours de l’armée (UME) en renfort.
L’Espagne reste meurtrie par les inondations catastrophiques d’octobre 2024, qui avaient fait plus de 230 morts, principalement dans la région de Valence, dans l’est du pays.
Au Portugal, pas de victimes ni de dégâts majeurs
Le Portugal voisin, frappé ces dernières semaines par plusieurs tempêtes successives, affronte également la dépression Leonardo, dont les effets devraient se faire sentir jusqu’à samedi, d’après l’Institut national de la mer et de l’atmosphère (IPMA). L’organisme a dit s’attendre à «des précipitations persistantes, et parfois fortes», mais aussi «des chutes de neige, des vents forts et une forte agitation maritime».
A 8 heures, les services de secours avaient été appelés pour intervenir dans près de 200 incidents, essentiellement des inondations urbaines, des chutes d’arbres ou des glissements de terrain, qui n’ont cependant pas fait de victimes, ni de dégâts d’ampleur, selon un bilan fourni par la protection civile à l’AFP. Les régions les plus touchées étaient Lisbonne et sa banlieue, ainsi que l’Algarve (Sud). L’ensemble du littoral est placé en alerte orange, en plus de certaines régions du Nord et du centre.
Selon le dernier bulletin de l’agence météorologique portugaise mardi soir, la période de plus forte intensité (de pluie et de vent) est prévue dans la nuit de mercredi à jeudi. Et, après une relative accalmie attendue vendredi, les conditions devraient à nouveau se détériorer samedi. Le Portugal, qui organise dimanche le second tour de l’élection présidentielle, se remet à peine de la dépression Kristin, qui a fait la semaine dernière cinq morts et environ 400 blessés.
La péninsule Ibérique est en première ligne des conséquences du réchauffement climatique, enchaînant depuis plusieurs années des vagues de chaleur de plus en plus longues et des épisodes de fortes pluies de plus en plus fréquents, souvent dévastateurs.




