Il n’aura fallu que dix petits jours pour que les ultra-riches fassent exploser les compteurs de CO2. A partir de ce samedi 10 janvier, la population qui appartient au groupe des 1 % les plus riches a déjà libéré dans l’atmosphère autant de CO2 que ce qu’elle devrait émettre en un an, selon l’ONG Oxfam.
Pour maintenir un climat vivable sur la planète (le fameux 1,5°C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle), chaque être humain devrait en théorie respecter un quota annuel, appelé «budget carbone», de 2,1 tonnes de CO2 par personne, explique Oxfam en s’appuyant sur des chiffres des Nations unies. Or les plus fortunés en rejettent en moyenne 75 tonnes par an, soit 37 fois trop. «En plus des émissions liées à leur mode de vie, les ultra-riches investissent massivement dans les industries les plus polluantes», notamment les énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon), principales responsables du réchauffement, ajoute Oxfam.
«Ces excès ont des conséquences dramatiques» pour le climat et les populations les plus vulnérables face aux événements extrêmes (habitants des pays à faible revenu, peuples autochtones, femmes et filles), pointe l’ONG. Elle rappelle aussi que «pour rester sous la barre des + 1,5°C, les 1 % les plus riches devraient réduire leurs émissions de 97 % d’ici 2030». Le chemin est encore long. Y compris côté français.
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Le mode de vie de Bernard Arnault est par exemple particulièrement néfaste pour le climat. En se basant sur une étude de deux chercheurs datant de 2021, qui établit que le milliardaire émet plus de 8 000 tonnes de CO2 par an (en prenant en compte son patrimoine, ses déplacements et ses yachts), Oxfam a calculé que le propriétaire de l’empire LVMH et homme le plus riche de France a épuisé son budget carbone «depuis le 1erjanvier, à 2h15 du matin». Bernard Arnault consomme ainsi 1000 fois plus de CO2 qu’un français moyen (8 tonnes de CO2 par an), qui lui-même émet déjà quatre fois trop.
En calculant cette «Journée des pollutocrates» pour la deuxième année consécutive (elle était tombée à la même date en 2025), Oxfam veut «illustrer à quel point les ultra-riches sont disproportionnellement responsables de la crise climatique» et appelle les gouvernements à s’attaquer à cette grande source de CO2. Alors que le climat mondial s’est presque réchauffé de 1,5 °C et que l’humanité doit redoubler d’efforts pour limiter au maximum la hausse du thermomètre, l’ONG demande une hausse des impôts sur les revenus et la fortune des ultra-riches, une taxe sur les profits des super-pollueurs appliquée à 585 compagnies pétrolières, gazières et charbonnières ainsi que sur les super-yachts et les jets privés.




