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Reportage

Eoliennes : «Scène de crime» dans la forêt de Brocéliande ?

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Le Conseil d’Etat vient de valider contre toute attente le projet du parc éolien dans la forêt de Lanouée. Les opposants redoutent que la décision fasse jurisprudence.

Dans la forêt de Lanouée, les socles bétonnés des futures éoliennes de 200 mètres. (Joseph Gallix/Hans Lucas pour Libération)
ParAurore Coulaud
photo Joseph Alix
Publié le 03/05/2021 à 21h00

«C’est un sacrilège environnemental.» Les riverains de la forêt de Lanouée, dans le Morbihan, fixent avec amertume l’immense socle bétonné de l’une des 17 futures éoliennes de 200 mètres qui entaille désormais le deuxième plus grand massif forestier breton. A terre, de quoi le confondre avec une base de lancement spatial. Vues du ciel, les trouées rappelleraient presque celles de l’Amazonie. Le site, vestige de la forêt «magique» de Brocéliande, d’après certains, est pourtant classé «zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique» (Znieff). De nombreuses espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles et d’amphibiens y sont protégées parmi lesquelles l’écureuil roux, le murin de Daubenton (chauve-souris), le busard Saint-Martin, la fauvette pitchou ou encore l’orvet fragile et le triton palmé. C’est sur cet argument que se sont notamment appuyées en 2014 des associations de défense de l’environnement et des riverains pour demander à faire annuler la construction du parc éolien des Moulins du Lohan, filiale du puissant groupe canadien Boralex.

Leur affaire était pourtant bien partie. En 2017, le tribunal administratif de Rennes invalide le permis de construire, les autorisations de défrichement et d’exploitation ainsi que la dérogation d’atteinte aux espèces protégées délivrés en 2014 par le préfet du Morbihan. Les opérations, qui ont alors déjà débuté sur le site de Lanouée, sont suspendues. Dans la foulée, l’industriel et le ministère de la Transition é

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