La «visio» atténuera sans doute l’émotion des retrouvailles et la solennité des adieux. Pas grave, Grégoire Fraty est «pragmatique dans l’âme» et pas nostalgique pour un sou. Pour la dernière fois, lui et ses camarades de la Convention citoyenne pour le climat doivent se réunir à distance, ce week-end, pour donner leur verdict sur le projet de loi climat et résilience issu du rapport que ces 150 ont voté et dont le gouvernement s’est librement inspiré. Le trentenaire prendra sa place dans la mosaïque de petits écrans. Avec «une pointe de déception» prévoit-il, l’exécutif ayant méthodiquement détricoté les mailles de l’ambition de la Convention. «Ça ne va pas assez vite, pas assez loin mais je m’attache à dire qu’on va dans le bon sens. Je ne suis pas un tenant du tout ou rien», nuance-t-il. S’empressant de remplir le verre à moitié vide.
Au sein de cette grande première participative, sorte de Loft Story de démocratie citoyenne qu’Emmanuel Macron a voulu orchestrer au sortir de la crise des gilets jaunes - et qui lui a un peu échappée -, Grégoire Fraty n’est pas le plus contestataire. Il n’est pas béat non plus. Le Normand navigue souvent entre deux eaux, acharné du consensus, radicalement modéré. Entre deux générations aussi, celle qui hérite du fardeau climatique sans être cette jeunesse qui se soulève avec Greta Thunberg. Visage rond et large carrure, il fait pourtant partie des figures qui ont émergé de la Convention, surprenant par son aisance




