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Reportage

«La vague peut déferler à tout moment» : au sud d’Angers, des centaines d’habitants retiennent leur souffle

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Dans des communes proches de la préfecture du Maine-et-Loire, une langue de terre d’une dizaine de kilomètres où l’on compte près de 400 personnes est menacée par les eaux en crue de la Loire. La digue qui contient le fleuve menace de s’effondrer après plusieurs jours de pluie consécutifs.

Aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire), le niveau de la Loire a atteint les 5 mètres le 15 février. (Sébastien Salom-Gomis /AFP)
ParMaxime Pionneau
Correspondant à Angers
Publié aujourd'hui à 19h34

«ORDRE D’ÉVACUATION». Il était 18 heures tapantes, samedi 14 février, quand des habitants de plusieurs communes à la périphérie sud d’Angers ont reçu un SMS avec ces deux mots en lettres capitales. Depuis quelques jours, le niveau de la Loire grimpe et le ciel déverse, sur l’Anjou, des trombes d’eau, presque sans discontinuité. A la station des Ponts-de-Cé, le niveau du fleuve flirte ce dimanche avec les 5 mètres. Il avait atteint les 5,7 mètres en 1982, lors de ce que l’on qualifie ici de «crue du siècle». Un record qui pourrait être atteint dans les prochains jours. Ce lundi, le Maine-et-Loire, comme 17 départements de l’Ouest est encore classé en vigilance orange crues par Météo France. Ce dimanche, au niveau du pont Dumnacus, pas loin, la Loire s’écoule, obèse et grise.

Sur le papier, 900 personnes sont concernées par ces évacuations mais 400 d’entre elles sont particulièrement menacées. Répartis sur plusieurs communes (Denée, Les Ponts-de-Cé, Mûrs-Erigné et Saint-Jean-de-la-Croix), ces Angevins habitent dans une zone insulaire d’une dizaine de 10 kilomètres de longueur, coincés d’un côté par la Loire, et d’autre par l’un de ses bras, le Louet. Ici, les habitants sont rodés aux crues d’hiver et de printemps — des phénomènes lents avec lesquels ils ont appris à vivre. Une

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