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Reportage

«Le pot de terre contre le pot de fer» : un village de Charente-Maritime se voit réclamer 44 millions d’euros par une société d’éolien après l’abandon d’un projet

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L’entreprise allemande Windstrom poursuit en justice la commune de Puyrolland pour avoir accepté l’implantation d’éoliennes avant de changer d’avis. Les habitants craignent la dégradation du paysage et la concurrence entre propriétaires fonciers.

A Andilly-les-Marais (Charente-Maritime), où un parc éolien citoyen a été inauguré récemment, le 30 octobre 2025. (Astrid Lagougine/Libération)
ParGilles Caprais
envoyé spécial à Puyrolland (Charente-Maritime)
photos Astrid Lagougine
Publié le 08/12/2025 à 4h29

Cinquante mètres de hauteur. De sa modeste altitude, Puyrolland surplombe la vallée de la Trézence, à l’est de La Rochelle. Honorée par un nom fameux – c’est littéralement «la colline de Roland», neveu de Charlemagne – sa domination est bousculée par l’émergence de nouveaux sommets. Du haut de la colline, un tour de l’église Saint-Pierre permet de s’en rendre compte : plusieurs dizaines d’éoliennes encerclent le village et ses 200 habitants. Le fastidieux comptage est écourté par l’adjoint au maire, Jean-Marie Giraudeau. «Il y a quinze ans, il n’y en avait pratiquement aucune, constate-t-il d’une voix lasse. Maintenant, il y en a 80» rien que dans ce coin de la Charente-Maritime, où les vastes plaines céréalières laissent le champ libre à la brise.

D’autres mâts, d’autres pales pourraient encore rejoindre ce couloir de vent. Conflictuelle, l’affaire se gère en contrebas, à la mairie, depuis plus d’une décennie. En 2013, la société allemande Windstrom, développeuse de parcs éoliens, commence à s’intéresser aux environs

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