Menu
Libération
Du mieux

Les nappes phréatiques des Pyrénées-Orientales et de l’Aude remontent la pente

Les réserves souterraines du Roussillon et du Languedoc ont profité de fortes pluies en décembre, venant apaiser un peu la situation de sécheresse chronique. Selon le bilan du service géologique national publié ce lundi 12 janvier, la situation sur l’ensemble du territoire est hétérogène.

Le lit asséché du fleuve Agly, à Perpignan en 2024. (Francois Laurens/Hans Lucas)
Publié le 12/01/2026 à 18h40

Les récentes pluies ont réussi à soulager les nappes les plus en souffrance de la métropole. Depuis septembre, qui avait marqué le début de la période de recharge grâce à une pluviométrie importante, le niveau stagnait en France à cause d’une sécheresse automnale. Le dernier mois de 2025 a enfin relancé le remplissage et la situation s’améliore légèrement à l’échelle du pays.

C’est notamment le cas dans le Roussillon, le Languedoc et le sud du Massif central où «des épisodes de recharge conséquents s’observent durant la seconde quinzaine du mois de décembre» pour les réserves souterraines proches de la surface, réactives aux pluies, résume le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son dernier bulletin au 1er janvier.

Une sécheresse en recul

Ces nappes de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, deux départements à l’activité viticole, arboricole et touristique marquée, souffrent depuis 2022 d’une sécheresse chronique amplifiée par le changement climatique. «Il a énormément plu, notamment fin décembre» sur cette zone, a souligné Violaine Brault, hydrogéologue et responsable du bulletin national de situation des nappes, au cours d’une conférence avec des journalistes. Résultat, les situations ont pu s’améliorer, notamment pour les nappes les plus réactives, affirme le BRGM. Les niveaux sont passés au-dessus des seuils d’alerte sécheresse.

Plus globalement, dans ces deux départements, les prochains mois seront décisifs pour continuer à combler les déficits accumulés. «Si l’on suit un scénario de pluies normales jusqu’à la fin de l’hiver et le début du printemps, ce sera certainement suffisant pour assurer les usages durant le printemps et l’été 2026», explique Violaine Brault. Comprendre : après trois étés de fortes restrictions (pas d’arrosage des jardins, ni de remplissage des piscines…), voire de robinets coupés, il pourrait enfin y avoir assez d’eau pour tout le monde. «Mais la situation reste fragile, on est toujours en dessous de niveaux normaux pour la saison, notamment pour les nappes profondes», qui mettent plus de temps à se remplir, poursuit Violaine Brault. Elles ont peu de chances de revenir à des niveaux dans la moyenne au terme de cet hiver, saison de recharge des nappes. Sans pluies suffisantes, ce sera le retour des tensions sur la ressource et donc des arrêtés sécheresse.

Situation moins favorable que l’an dernier

Dans son bulletin, le BRGM note par ailleurs un niveau de nappes en «très forte hausse» en Bretagne et au nord-est de la Corse à la faveur d’«une pluviométrie excédentaire durant tout le mois de décembre».

A l’échelle du territoire, la situation est hétérogène et «la recharge se poursuit avec 63 % des nappes phréatiques en hausse», contre 57 % en novembre, met en avant le BRGM. Avec 46 % des réserves présentant un niveau au-dessus des normales, la situation est moins favorable que l’an dernier à la même période (61 %). Les nappes sont notamment déficitaire sur le nord-est du massif armoricain, le bassin parisien, l’est de l’Artois et le Grand Est. Les prévisions sont optimistes pour janvier mais demeurent incertaines à plus long terme.

Dans la même rubrique