Pour le retrouver, il faut emprunter une route cabossée et d’interminables virages en lacet. Laisser sa voiture à 1 200 mètres d’altitude, puis gravir les 300 mètres de dénivelé restants à pied. Traverser des champs inoccupés, franchir des barbelés et enfin, au bout d’un chemin boueux creusé par les roues des tracteurs, apercevoir cet abri en pierre. «La Vermode», indique un panneau en bois cloué sur la porte. Le refuge trône, seul, face au mont Blanc, niché au milieu du massif du Jura, à moins d’un kilomètre de la Suisse.
Depuis plus de sept mois, Guillaume Vuillemin, berger de 32 ans, occupe les lieux, et n’a pour voisins que ses 70 génisses et 43 veaux. Des bêtes suisses qui lui ont été confiées par plusieurs agriculteurs du pays pour la saison d’alpage. Ce «pacage franco-suisse», autre nom de ces estives, est une tradition vieille de plusieurs siècles. «Pour la saison normale, c’est du 15 mai au 15 octobre, explique le trentenaire aux dreadlocks rassemblées en chignon, polaire sur le dos. En principe, on redescend dès qu’il n’y a




