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Reportage

Contamination de l’eau potable aux Pfas : dans le Grand Est, «on fait des liens, peut-être pas avérés, avec nos problèmes de santé»

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Dans plusieurs communes des Ardennes et de la Meuse, environ 3 500 personnes ont interdiction de boire de l’eau du robinet, dont les taux de «polluants éternels» atteignent des records en France. De leurs côté, élus et habitants inquiets luttent contre l’abandon de l’Etat et l’omerta.

Jean-Jacques Naveau, habitant de Malandry (Ardennes), montre une bouteille d'«eau de la pompe Malandry», le 27 octobre 2025. (Stéphane Lagoutte/Myop pour Libération)
ParEléonore Disdero
envoyée spéciale dans les Ardennes
Publié le 06/11/2025 à 19h42

A 67 ans, Jean-Jacques Naveau se passionne pour son jardin. Il est particulièrement fier des oignons qui sèchent dans son garage : il en a des blancs d’un beau calibre, des rouges tout ronds et même des échalotes cuivrées. Dans ses placards, il a aligné des pots de cornichons, de piments verts, de confiture. Tout est fait maison. «Je vous en proposerais bien, mais je ne voudrais pas vous empoisonner», lance-t-il, railleur. En juillet, Jean-Jacques Naveau a appris que l’eau de son village de Malandry (Ardennes) était contaminée aux Pfas. Un taux élevé qui fait de sa commune de 80 habitants l’une des plus polluées du pays.

En tout, environ 3 500 personnes résidant dans 17 villages du département et de la Meuse voisine ont interdiction de consommer l’eau du robinet depuis près de quatre mois. «J’ai toujours dit à mes invités qu’ils pouvaient la boire sans crainte, qu’elle était très pure ici. Ah, je suis tombée de haut», raconte sa compagne, Annick Willaime, 62 ans.

Les Pfas, ces substances per- et polyfluoroalkylées surn

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