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Glyphosate : le puissant herbicide retrouvé à la vente chez Leroy Merlin l’an passé, en toute illégalité

Seules 125 unités de produits contenant du glyphosate ont été écoulées sur la «market place» de l’enseigne nordiste, qui s’est félicité d’un traitement rapide.

Le magasin Leroy Merlin d'Ivry-sur-Seine, le 24 septembre 2019. (Martin Colombet/Libération)
Publié aujourd'hui à 14h43

Du glyphosate vendu à des particuliers et des agriculteurs, en ligne et en toute illégalité. C’est ce qui ressort de l’enquête de la cellule investigation de Radio France, publiée vendredi 6 février, se fondant entre autres sur les signalements remonté à l’Office français de la biodiversité, qui a mené en 2025 des centaines de perquisitions chez des particuliers ou des agriculteurs usant du puissant herbicide interdit depuis 2019.

Un usage illégal, non réglementé, dangereux aussi bien pour les utilisateurs que pour l’environnement, tant le produit, considéré comme hautement cancérogène, est délivré sans conseil d’usage toujours lisible. Et qui a éclaboussé jusqu’à Leroy Merlin. Dans son enquête, Radio France révèle que l’enseigne de jardinage ainsi hébergé un «vendeur tiers» de glyphosate sur sa «market place», marché en ligne où se côtoient professionnels comme particuliers. Selon Leroy Merlin, qui a confirmé l’information à l’AFP, le vendeur a pu y écouler «125 unités» de produits contenant du glyphosate avant qu’un signalement de la direction départementale de la protection des populations (DPPP) ne les conduise à bannir l’usager de sa plateforme.

600 perquisitions et 3 000 litres saisis en 2025

«Une situation exceptionnelle qui a fait l’objet d’un traitement rapide», s’est félicité Leroy Merlin, qui a cependant reconnu que «cette affaire a mis en lumière des pratiques de dissimulation volontaire visant à contourner nos filtres textuels en masquant les substances interdites dans les visuels produits». Le magasin, qui a essuyé une importante fuite de données de clients en décembre 2025, a décidé de suspendre temporairement la vente de divers produits biocides pour végétaux sur sa marketplace, le temps de moderniser ses outils de détection.

En France, la vente de produits phytopharmaceutiques (PPP), couramment appelés pesticides, est réservée depuis 2019 aux professionnels agréés. Mais il «est encore fréquent que des sites de vente en ligne proposent illégalement et de manière frauduleuse ces produits», relevait l’Office français de la biodiversité (OFB) dans un communiqué publié fin novembre.

L’OFB dressait à cette occasion un bilan d’une campagne nationale de contrôles en la matière : du 1er janvier au 31 octobre de l’année dernière, ses agents ont mené près de 600 perquisitions dans toute la France, lors desquelles un total de près de 3.000 litres de ces produits illégaux ont été saisis.

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