C’est beau, une fusée qui retombe : le ciel est soudain fendu d’une balafre incandescente, qui le traverse en quelques secondes puis finit par exploser en un bouquet de petites lumières, comme un feu d’artifice. Mais derrière ce spectacle pour les yeux, la consumation d’un engin spatial est une sacrée source de pollution. En suivant la chute d’un étage de fusée de SpaceX dans le ciel européen, en février 2025, une équipe de chercheurs a observé et mesuré en direct la formation d’un nuage de lithium dans la haute atmosphère.
Quand un lanceur Falcon 9 de SpaceX décolle, il commence par consommer tout le carburant de son étage principal, le plus long, avant de s’en séparer dès que les réservoirs sont vides, au bout de quelques minutes. Ce premier étage redescend sur Terre de manière contrôlée, pour atterrir en douceur sur une base de lancement ou une barge en mer, et être réutilisé. Pendant ce temps, c’est le second étage de la fusée qui prend le relais de la propulsion, avant de se détacher lui aussi une fois que les satellites sont envoyés en orbite. Cet étage supérieur, lui, n’est pas récupéré par SpaceX : il est trop haut, trop loin. Il retombe dans l’atmosphère à grande vitesse et s’y consume presque entièrement sous l’effet des frottements de l’air.
«Boule de feu et nuage de vapeur»
C’est à ce moment-là que l’étage de fusée libère des substances toxiques, ont constaté les chercheurs, majoritairement rattachés à l’Institut Leibniz de physique de l’atmosphère, près de Rostock dans le nord de l’Allemagne.
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