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Série noire

L’usine Perrier de Vergèze mise à l’arrêt après un incident dans sa station d’épuration

Au terme d’une inspection début décembre, la préfecture du Gard a adressé à l’entreprise une mise en demeure à Nestlé Waters, lui laissant huit jours pour se mettre en conformité.

L'usine Perrier à Vergèze, dans le Gard, le 18 novembre. (Manon Cruz/Reuters)
Publié le 12/12/2025 à 14h27

La tourmente continue pour Nestlé Waters. Le site de production de Perrier à Vergèze (Gard) a été mis à l’arrêt sur décision préfectorale en raison d’un incident dans sa station d’épuration interne, a appris l’AFP auprès de la préfecture ce vendredi 12 décembre, confirmant une information de Radio France. A la suite d’«une inspection de la Dreal», la direction régionale de l’environnement notamment début décembre, «nous avons adressé une mise en demeure, arrivée le 10 décembre, laissant huit jours à Perrier pour se mettre en conformité, a expliqué la préfecture. En attendant cette mise en conformité de leur station d’épuration interne, toutes les lignes sont arrêtées.»

Selon Radio France, le problème à la station d’épuration proviendrait d’une «désinfection massive de l’usine à l’acide nitrique» après la détection récente d’une bactérie pathogène (Pseudomonas aeruginosa) dans un des forages. Début décembre déjà, 2 500 palettes de bouteilles ont été bloquées «en raison d’écarts bactériologiques par rapport aux normes en vigueur», selon l’ARS.

Nestlé Waters dément toute pollution dans la rivière

Interrogé par l’AFP, Nestlé Waters France a reconnu un «arrêt temporaire de la production lié à la station d’épuration située à côté de l’usine, qui sert à traiter les eaux usées» du site. Tout en assurant que cet incident «n’a aucun lien avec la sécurité sanitaire de nos eaux minérales naturelles». L’entreprise affirme que «la production reprend progressivement». La filiale de Nestlé Waters indique encore «qu’il n’y a eu aucune pollution» de la Vistre, rivière jouxtant le site.

L’entreprise est au cœur d’un scandale après avoir admis en 2024 avoir utilisé par le passé des traitements interdits pour ses eaux. Ils ont été remplacés par une microfiltration à 0,2 micron dont la légalité a elle aussi été contestée : l’eau minérale naturelle ne peut pas faire l’objet de désinfection ou traitement qui entraînerait une modification de ses caractéristiques.

Nestlé Waters est ensuite passé à une microfiltration à 0,45 micron, ce qui l’a contraint à déposer en juillet de nouvelles demandes d’autorisation préfectorale pour pouvoir continuer à utiliser l’appellation haut de gamme «eau minérale naturelle». Demandes qui devraient être tranchées au plus tard d’ici fin mars.

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