Menu
Libération
Contamination

Pollution aux PFAS : l’eau du robinet est à nouveau buvable dans sept communes du Haut-Rhin

Depuis plus de sept mois, des milliers d’habitants de l’agglomération de Saint-Louis avaient interdiction de consommer l’eau en raison d’une concentration de polluants éternels supérieure au seuil autorisé. Des unités de traitement ont été installées pour la filtrer.

Une unité de traitement de l'eau installée à Bartenheim et prise en photo le 4 septembre 2025. (Sébastien Bozon/AFP)
Publié le 15/12/2025 à 21h54

Fin des restrictions, mais pas de l’inquiétude des habitants. La consommation de l’eau du robinet est à nouveau pleinement autorisée dans sept communes de l’agglomération de Saint-Louis (Haut-Rhin), près de Bâle, où elle avait été soumise à des restrictions du fait d’un taux trop élevé de «polluants éternels», a annoncé la préfecture ce lundi 15 décembre. «Les dernières analyses ont montré un retour à la normale», a déclaré Emmanuel Aubry, le préfet du Haut-Rhin, lors d’une conférence de presse.

La consommation de l’eau était encore interdite, jusqu’à ce jour, dans sept communes (totalisant 45 000 habitants), pour les personnes sensibles : nourrissons jusqu’à deux ans, femmes enceintes et allaitantes, personnes immunodéprimées… Cette restriction, mise en place dans un premier temps dans onze communes le 25 avril, suivait la publication d’analyses qui avaient montré une concentration totale des 20 principaux composés per- et polyfluoroalkylés, plus connus sous le nom de PFAS ou de «polluants éternels», supérieure au seuil autorisé de 0,1 microgramme par litre d’eau. Une pollution issue majoritairement des mousses anti-incendie utilisées jusqu’en 2016 par les pompiers de l’aéroport voisin de Bâle-Mulhouse. En juillet, un collectif d’habitants avait annoncé porter plainte contre X pour dénoncer la non-conformité de leur eau.

Facture salée pour la collectivité

Les trois zones de captage concernées par la pollution ont été équipées d’unités mobiles de traitement permettant de filtrer, à l’aide de charbon actif, les particules polluantes. Les deux premières, installées en juillet, avaient permis, en septembre, une première levée partielle des restrictions pour quatre communes de l’agglomération. La dernière unité de traitement, la plus grande des trois, a été mise en service début décembre à Saint-Louis et a donc permis de les lever dans les sept communes restantes.

Mais ces unités ne constituent qu’une solution temporaire. L’agglomération doit construire et mettre en service pour l’été 2027 des usines de traitement permanentes, pour un coût estimé à 13,5 millions d’euros, qui s’ajoutent aux 6,5 millions d’euros qu’ont coûté les unités mobiles. L’Etat, l’agence de l’eau Rhin-Meuse et la région Grand Est vont contribuer à hauteur de 2,25 millions d’euros, et l’aéroport de Bâle-Mulhouse doit apporter 10 millions d’euros.

L’agglomération cherche encore des financements et a sollicité la Banque des territoires pour un «Aqua prêt», un prêt de longue durée qui financerait des solutions de gestion de l’eau, a indiqué Thierry Litzler, vice-président délégué à l’eau à Saint-Louis Agglomération. Le prix de l’eau va, lui, augmenter à partir de 2026 ou 2027 pour les habitants.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique