Un nouveau frein pour la lutte contre la pollution plastique. L’interdiction des gobelets jetables contenant ce matériau qui devait entrer en vigueur à compter du 1er janvier, est finalement reportée à 2030 par le gouvernement, selon un arrêté publié mardi matin au Journal officiel. Actuellement et depuis 2024, le code de l’environnement fixe la teneur maximale de plastique dans ces gobelets à 8 %, contre 15 % jusqu’en 2022.
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Dans son arrêté, la ministre de la Transition écologique invoque la «faisabilité technique d’une absence de plastique dans les gobelets» pour justifier ce report, après un bilan d’étape réalisé en 2025. Un nouveau bilan d’étape sera réalisé en 2028 pour mesurer les «progrès réalisés en matière de substitution des gobelets plastiques à usage unique» avant leur interdiction désormais prévue au 1er janvier 2030, indique également l’arrêté.
Une entreprise sur 5 en infraction
Après cette date, un délai d’écoulement des stocks «pour les gobelets fabriqués ou importés» est également prévu : les gobelets contenant toujours du plastique pourront être commercialisés durant 12 mois après cette échéance. Ce nouveau délai est doublé par rapport à l’arrêté précédent, qui prévoyait une fenêtre de six mois pour écouler le stock de gobelets jetables contenant du plastique.
«Sous réserve des conclusions du bilan d’étape» désormais prévu en 2028, les gobelets qui resteront autorisés après 2030 seront ceux qui «ne contiennent pas de plastique, ou à l’état de traces. Cette échéance peut être révisée en fonction des conclusions du bilan d’étape», précise cependant l’arrêté.
Fin 2024, la Répression des fraudes (DGCCRF) avait indiqué qu’une entreprise sur cinq était en infraction avec l’interdiction de vente ou de mise à disposition de certains produits jetables en plastique, qui peuvent être néfastes pour la santé et l’environnement.
Recul trop lent du plastique jetable
Ce report marque «un énième récul dans la lutte contre la pollution plastique, sous la pression des lobbies», selon Manon Richert, porte parole de l’association environnementale Zero Waste France, pour qui «l’argument avancé de la faisabilité technique est bancal», car «les solutions, comme le réemploi et la recharge, existent déjà» et «doivent être généralisées via des investissements et un cadre règlementaire adéquat».
Associations et ONG environnementales dénoncent ce qu’elles considèrent comme un recul trop lent de l’usage quotidien du plastique jetable. Début 2024, Zero Waste France, Surfrider Foundation Europe, Les Amis de la Terre, France Nature Environnement et No Plastic in my Sea dressaient un bilan décevant de la loi anti-gaspillage de 2020, en raison de mesures non appliquées et de décrets ayant réduit la portée du texte.
Mise à jour à 12 h 20 avec réaction de l’association environnementale Zero Waste France.




