Monsanto, filiale du géant allemand de l’agrochimie Bayer, a annoncé ce mardi 17 février la conclusion aux Etats-Unis d’un accord allant jusqu’à 7,25 milliards de dollars couvrant les plaintes «en cours et futures» liées à son herbicide controversé, le Roundup. Ces paiements pourront être versés sur les 21 prochaines années, ce qui offrira «une plus grande certitude financière» au groupe, selon un communiqué.
L’accord, soumis à l’approbation d’un tribunal américain de Saint-Louis, dans l’Etat américain du Missouri, prévoit des versements plafonnés et dégressifs, a précisé Monsanto dans un communiqué. Si l’enveloppe était acceptée, le groupe de Leverkusen augmenterait de 4 milliards d’euros, à 11,8 milliards, son enveloppe de provisions, déjà volumineuse, pour les litiges visant ce produit.
«Aucune reconnaissance de responsabilité»
Ces mesures sont prises «uniquement pour contenir les litiges» et les accords conclus avec les plaignants «ne comportent aucune reconnaissance de responsabilité ou de faute», souligne toutefois le groupe. Son célèbre herbicide est accusé depuis des années de favoriser le développement de lymphomes non hodgkinien, une forme de cancer, en raison de la présence de glyphosate parmi ses ingrédients. La substance est classée «cancérogène probable» par l’Organisation mondiale de la santé.
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Depuis le rachat de Monsanto en 2018, Bayer a déjà dû débourser plus de 10 milliards de dollars en poursuites judiciaires. Les nombreux procès ont poussé le groupe allemand à publiquement remettre en cause l’avenir commercial du désherbant, tout en espérant que la Cour suprême américaine puisse trancher en sa faveur.
En janvier, la juridiction suprême américaine a ainsi accepté d’examiner un recours du géant allemand de l’agrochimie sur la recevabilité de plaintes de personnes accusant sa marchandise de les avoir rendus malades, avec une décision rendue d’ici fin juin. L’accord annoncé aujourd’hui et le pourvoi devant la Cour suprême sont des étapes «indépendamment nécessaires» et «qui se renforcent mutuellement», a précisé Bayer.




