Rafales de vent à 200 km/h sur le pic du Midi, à 180 km/h à Caixas, 162 à Pau… Les chiffres relevés par les stations météo s’enchaînent alors que la tempête Nils balaie le sud de la France depuis le 10 février. Mais que signifient des coups de vent à plus de 100 km/h ? Quand peut-on parler de tempête ?
Côté définition, le site officiel Géorisques décrit les tempêtes comme des «phénomènes atmosphériques» composés de vents violents, généralement accompagnés de fortes pluies, qui s’étendent «sur plusieurs milliers de kilomètres» et se déplacent à «quelques dizaines de kilomètres par heure». En France, elles se forment généralement sur l’océan Atlantique ou la mer Méditerranée lorsqu’un air chaud en surface se mêle à un vent fort en altitude. Le risque de les voir déferler augmente avec le changement climatique.
Les vents sont qualifiés de violents lorsqu’ils atteignent au moins 89 km/h, soit d’une force 10 à 12 sur l’échelle de Beaufort - utilisée dans les milieux maritimes, elle évalue la vitesse moyenne du vent sur une durée de dix minutes. On parle de rafales «lorsque la vitesse du vent instantanée dépasse celle du vent moyen de plus de 18 km/h», précise Géorisques. Elles sont «fortes» si la différence se situe entre 28 et 46 km/h ; «violentes» si elle excède 46 km/h.
«Renverser un adulte»
Quant à la tempête, les définitions précises ne valent que pour la météorologie marine et tropicale. En zone terrestre, les météorologues ont pris l’habitude d’utiliser ce terme lorsque les rafales approchent les 100 km/h à l’intérieur des terres, et 120 km/h sur les côtes. «Les vents les plus forts ne sont pas toujours observés au passage de tempêtes, rappelle tout de même Météo France. Et des vents violents peuvent aussi se produire en l’absence de tempête.»
A des forts niveaux d’intensité venteuse, a fortiori lorsque de fortes pluies s’en mêlent, les dégâts matériels voire humains peuvent être très importants. «Un vent de tempête peut renverser un adulte qui n’aurait pas la possibilité de se tenir à un point d’appui», explique par exemple Géorisques. Comme le décrit Météo France, les grands arbres s’agitent dès que le vent atteint en moyenne une soixantaine de km /h, les bâtiments peuvent être endommagés à partir de 75 km/h. Les tuiles commencent à être arrachées à 89 km/h. Une force évaluée à 10 sur l’échelle de Beaufort, soit une vitesse moyenne de 89 à 102 km/h (le seuil pour qualifier une tempête) déracine des arbres.
Au niveau 11 sur l’échelle de Beaufort, entre 103 et 120 km/h, la tempête devient «violente» et entraîne de «gros ravages» sur les infrastructures ; au-delà de 120 km/h, le niveau 12, on passe à un ouragan dévastateur.
Lorsqu’elle émet une vigilance (jaune, orange ou rouge), Météo France évalue le niveau de danger selon les territoires (en fonction des conséquences observées, de la fréquence de ces phénomènes et donc l’habitude de la population à y faire face…). En cas de tempête - et par exemple de vigilance vents violents - les autorités égrènent les recommandations : rester au maximum chez soi, fermer les portes, fenêtres, volets et débrancher les appareils électriques ; ne pas prendre la voiture ; ranger les objets exposés au vent ; ne pas toucher aux toitures ; faire attention aux chutes d’arbres ou objets qui pourraient tomber ; éviter de téléphoner pour laisser les lignes disponibles pour les secours et appeler le 112 en cas d’urgence.




