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Interview

Daniel Cohn-Bendit: «Etre traité de libéral-libertaire ne me gêne pas, je le revendique»

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Quelle est la vraie pensée de Daniel Cohn-Bendit, 53 ans, tête de liste des Verts aux européennes et, pour l’heure, tête de Turc de l’ensemble de la classe politique? Réponses de l’intéressé.

Publié le 06/01/1999 à 23h27

En ce début d’année, on dirait que Cohn-Bendit est l’homme à abattre. ça vous plaît?

Moi je trouve ça parfait. Et comme dans tout bon western, il y a un rendez-vous à O.K.-Corral. Je suis prêt à débattre avec Chevènement, Hue, Pasqua, Séguin, où ils veulent et quand ils veulent, pour qu’ils puissent casser du «libéral».

Justement, Robert Hue et Alain Madelin vous accusent d’être «libéral». Lequel des deux a raison?

Ni l’un ni l’autre. Pour la simple raison qu’ils ont tous les deux la même définition du libéralisme, sauf que l’un est pour et l’autre contre. Mon libéralisme à moi n’a rien à voir avec l’offensive dérégulative néolibérale qui a dominé la société française. Mais je suis persuadé que si on dit non à l’économie planifiée socialiste, on dit oui à l’économie de marché. Il n’y a rien entre les deux. A partir du moment où je dis oui à l’économie de marché, se pose alors le problème de son adaptation à nos sociétés. Voilà le cadre dans lequel j’installe ma réflexion politique: un réformisme écologico-social lié à une tradition libertaire qui est effectivement non étatique. Les libertaires ont toujours accepté le marché, c’est pour ça qu’ils étaient dénoncés comme des petits-bourgeois par les marxistes. Aujourd’hui, l’accusation d’être un libéral-libertaire ne me touche pas. Au contraire, je la revendique.

Il est quand même des domaines où le marché ne doit pas faire la loi?

Le marché ne doit jamais faire la loi. Il est organisé et structuré par la loi et

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