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Libération

Un Premier ministre jugé d'abord sur sa personnalité. Netanyahou a gâché le bénéfice de la fin du terrorisme par ses manières autoritaires.

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publié le 17 mai 1999 à 1h02

Jérusalem de notre correspondant

Les Israéliens sont confrontés à un choix shakespearien, expliquait récemment Hanoch Smith, directeur d'un institut de sondage: «To Bibi or not to Bibi.» Si, il y a trois ans, le scrutin s'était transformé en un référendum sur le processus de paix, il s'apparente aujourd'hui à un plébiscite autour de la figure de Benyamin Netanyahou. Les idéologies s'estompent, reste l'homme. Sa duplicité devenue légendaire, ses accents poujadistes, ses fiascos à répétition pèsent autant, sinon plus, que sa politique. «Les élections portent sur la personnalité, idiot!» écrit Gideon Samet dans le quotidien libéral Ha'aretz. Allusion au mot d'ordre de campagne de Bill Clinton en 1992: «L'économie, idiot!» Le roi des menteurs? Plusieurs candidats, notamment au centre, ont pour unique objectif déclaré de faire tomber le Premier ministre. «La question posée est la suivante: Bibi est-il ou non le roi des menteurs? déclare une star du petit écran, Dan Margalit. Et, si oui, est-ce bon ou non pour le pays?» Pour Uri Savir, l'artisan des accords d'Oslo, sa victoire «démentirait l'adage qui veut que l'on ne peut pas tromper tout le monde en même temps». Ceux qui ont quitté le Likoud, son parti, invoquent tous des raisons morales. Benny Begin, Yitzhak Mordechaï, David Lévy, Dan Meridor" ne seraient sans doute pas entrés en dissidence s'ils n'avaient pas été victimes de sa façon bien particulière de gouverner. «Personne ne peut diriger ainsi un pays. Il ne peut travailler