Un spectre hante cette présidentielle, le spectre du 21 avril 2002. Les Français, quoi qu'on en dise, n'ont pas la mémoire courte. Ils se souviennent qu'il y a cinq ans, Jean-Marie Le Pen se qualifiait pour le second tour de la présidentielle au détriment de Lionel Jospin. Cinq ans plus tard, la perspective d'un «21 avril bis» taraude une large partie de l'électorat.
La catastrophe : Royal éliminée dès le premier tour
Selon la cinquième vague de notre Baromètre populaire LH 2 pour Libération, le dernier avant le premier tour, dimanche (1), l'hypothèse d'une présence de Jean-Marie Le Pen au second tour opère comme un fort répulsif. Pour 78 % des personnes interrogées, ce serait «une mauvaise chose» pour l'image de la France dans le monde. 72 % estiment que ce serait mauvais pour leur situation personnelle, et 70 % pour la démocratie. Dans le même ordre d'idée, l'absence de la gauche, donc de Ségolène Royal, lors du duel final est aussi perçue comme une catastrophe. Ainsi, 61 % des personnes interrogées pensent que ce serait «un événement grave» pour la démocratie, 77 % jugent que ce serait grave pour la gauche en général, et 74 % pour le Parti socialiste. Bien évidemment, les sympathisants de gauche sont les plus inquiets face à cette atteinte portée à la démocratie (77 %). Mais les sympathisants de droite (56 %) sont eux aussi préoccupés par l'absence de la candidate socialiste en terme de démocratie.
Les idées de Le Pen toujours en quarantaine
Ces chiffres