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Interview

«Tout est politique, mais l’art n’est pas tout»

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Le Français Didier Fusillier et le Flamand Jan Lauwers dressent un état des lieux de la création de part et d’autre de la frontière :

Publié le 27/06/2013 à 19h06

Voilà plus de vingt-cinq ans que la scène belge, et particulièrement flamande, a explosé les frontières du spectacle vivant. Didier Fusillier, comme directeur de la scène nationale de Maubeuge, a été dès l'origine aux avant-postes pour observer le phénomène, avant de devenir le directeur de Lille 2004, capitale européenne de la culture, puis des différentes éditions du festival Lille 3000. De l'autre côté de la frontière, à Anvers, Jan Lauwers, plasticien de formation, créait un collectif d'artistes multidisciplinaires appelé Epigonentheater ZLV (pour zonder leiding van, «sous la direction de personne») devenu plus tard la Needcompany. Sa prochaine création, Place du marché 76, est à l'affiche du Festival d'Avignon.

Quel regard portez-vous sur les politiques culturelles de chaque côté de la frontière franco-belge ?

Didier Fusillier : Il y a plus de vingt ans, on assistait de l'autre côté de la frontière au démantèlement de théâtres et d'opéras par des personnalités incontrôlables, Jan Fabre en tête (avec son aigle), suivi d'Anne Teresa De Keersmaeker, Guy Cassiers, Jan Lauwers et Frédéric Flamand, la bande du théâtre Varia, Michèle Noiret… Ça sentait le baril de poudre. En France, en revanche, il a d'abord fallu créer un réseau d'accès à l'art via les scènes nationales, les musées et les festivals, jusque-là inexistants. Si, en Belgique, les structures se sont adaptées aux nouvelles esthétiques, en France le résultat est plus universaliste, moins revendicatif d'une identité affirmée, plus classique aussi.

Jan Lauwers : C'est

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