C'est le petit gars discret qui sautille au fond de la salle en faisant de grands gestes. Rapprochez-vous. Regardez bien. Il a un bulletin de vote dans la main. On l'appelle le citoyen. On l'interroge régulièrement, on le consulte. Puis on le renvoie à sa place, dans l'obscurité du dernier rang. Jusqu'à l'élection suivante. Le constat est assez triste, et la récente loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles ne devrait pas changer la donne d'après Armel Le Coz, cofondateur de l'association Démocratie Ouverte : «C'est assez catastrophique… Si l'on s'en tient au texte de loi, la démocratie est perdante.»
Risque réel : les représentants des futures grandes métropoles ne devraient pas être choisis par les citoyens avant 2020. «C'est un choix surprenant, commente François Miquet-Marty, président de Viavoice, un institut d'études et de conseil en opinions. On crée une nouvelle entité, mais quelle sera sa légitimité ? La métropole est une occasion unique de généraliser de nouvelles pratiques démocratiques.» L'édile de Rouen, Yvon Robert, contre-attaque: «Les maires sont des élus, ce sont eux qui choisissent le président de la métropole. Ce n'est pas un manque de démocratie !»
Les oubliés de la démocratie
C'est plutôt que notre bonne vieille démocratie représentative a pris de l'âge, même sous la perfusion du participatif : une pincée de conseils de quartiers, une louche de référendums locaux… Rien d'une thérapie de choc. Les citoyens




