Vieillir est la chose la plus naturelle au monde, c’est la manière dont nous vieillissons qui change et évolue dans le temps et d’une personne à l’autre. Alors que l’Organisation mondiale de la Santé promeut la décennie 2020-2030 comme la première qui permet de vieillir en bonne santé, il est temps de rendre la longévité comme un bienfait pour chacun et pour la société.Au moment où le débat sur l’âge de la retraite est intense, il est temps de décentrer notre regard, de sortir des schémas d’organisation dont est si friand notre pays, et de partir de l’expression des besoins des personnes elles-mêmes. Le maître mot restant «volontariat», il doit être possible par exemple de dire oui à l’exercice d’une activité après la retraite, ce mot ambigu qui accélère l’inutilité sociale. La notion de rupture - rupture d’activité, rupture d’exercice des droits, et notamment du droit de vote, rupture de l’exercice du bénévolat…- est mortifère, alors que l’on sait qu’une activité, quelle qu’elle soit à condition d’être choisie, est un facteur positif dans la manière de vieillir. Les entreprises ont certainement un rôle à jouer dans ce défi de l’âge. Un rôle vis-à-vis des salariés aidants (plus de 6 millions d’actifs parmi les 11 millions d’aidants en France), vis-à-vis des salariés de plus de 60 ans qui ont des talents à exercer. Ce rôle dans le défi de la longévité peut y compris s’articuler avec leurs choix stratégiques dans le cadre du développement de leur politique de RSE par exemple.
L’allongement de la vie peut aussi devenir une chance pour la société parce qu’il aiguillonnera et éduquera notre regard sur l’autre en état de faiblesse, de vulnérabilité, parce qu’il nous poussera à innover. Les accidents de santé, l’usure de métiers difficile, l’épuisement d’aider un parent, sont autant de parcours qui ne permettent pas une longévité douce et épanouissante. Face à ces situations de détresse nous avons devant nous à cultiver l’immense champ de la créativité, de l’ingéniosité. Les moyens et les acteurs pour les mettre en œuvre existent. Les fédérations, les fondations, fonds de dotations…, sont autant de bras armés de la recherche et du développement pour repérer des sujets structurants à développer, favoriser l’émergence de solutions innovantes, disruptives, soutenir ceux qui vont expérimenter. Ainsi la vieillesse sera une chance pour chacun d’entre nous et pour la société toute entière.




