C’était au début du mois de septembre, le pays se mettait à l’été, l’Auvergne offrait une fraîcheur délicieuse. Au matin, 5°C. Bonne nouvelle pour le vin, qui adore les fortes amplitudes. J’étais là pour un sujet (à venir) sur les vins de la région, dont la qualité va croissant grâce à une poignée de vignerons souvent venus de loin et qui s’accrochent à ce sous-sol de basalte, à des pratiques saines, à des convictions pour relever la réputation d’un vin longtemps dit trop râpeux - on est médisant avec la râpe, instrument d’artisan qui sculpte, s’adapte, travaille tout en finesse, d’ailleurs une râpeuse électrique, ça n’existe pas, mais ce n’est pas le sujet.
Sortant donc par 5°C, j’avais rendez-vous avec Mito, jeune Japonaise croisée quelques années plus tôt en Ardèche, où elle apprenait au côté de Gilles Azzoni, type aussi plaisant que ses vins. Mito voulait voyager. Quitter son pays sans savoir plus que cela au départ ce qui l’intéressait dans la vie. Elle s’est retrouvée à Paris, y a découvert qu’elle aimait les vins, puis est retournée au Japon, son visa expiré, pour travailler chez un caviste. Là, elle a compris qu’elle aimait surtout les vins qui s’autodésignent «nature», c’est-à-dire sans sulfites ajoutés que Mito, comme beaucoup de Japonais, supporte mal. Un vin lui plaisait plus que tous, celui que fait Pierre Beauger en Auvergne. Elle lui a écrit, il lui a répondu, et elle est repartie pour travailler chez lui, avant de récupérer une toute petite parcelle, très bell




