Que serait le whisky sans la littérature américaine - et le cinéma - qui lui a donné ses lettres de noblesse ? Tenez, dans Creole Belle (Rivages), le dernier James Lee Burke et l'un de ses romans les plus faulknériens, cette tension qui saisit le héros, Dave Robichaux, un ancien flic alcoolique de Louisiane, devant un verre de raide : «Le whisky avait l'éclat ambré d'un soleil qui aurait vieilli dans un fût de chêne : son humidité, sa densité, son pouvoir latent, étaient supérieurs à la somme de ses parties, gonflant par-dessus le rebord des petits verres comme s'il prenait de l'ampleur. Je sentais en moi un désir qui n'était pas différent du désir de l'accro à l'héroïne ou au sexe, du désir d'un papillon de nuit qui recherche la flamme comme un enfant recherche le sein de sa mère.»
Après ces lignes, comment ne pas bondir de son fauteuil pour chercher un bon flacon ambré ? Justement, en voici quelques-uns qui viennent d’arriver dans la douce France, via la Maison du whisky, à Paris. D’abord, un bourbon, un Blanton’s Single Barrel (70 euros), cuivré comme si l’astre solaire s’était couché dans la bouteille. C’est épicé, puissant (51%) et en même temps léger comme un flirt de papillons. Mais la vraie puissance, celle d’un crochet de Dave Robichaud, on la trouve dans le «brut de fût» (Original Cask Strength, 59,2%) de Kilchoman, une jeune distillerie écossaise. Il est tourbé, marin, précis, avec un arôme de mine de crayon parfait pour les romanciers qui écriven




