Bonne nouvelle, immense nouvelle même pour les amateurs d'accordéon folklorique, de barriques de binouze, de visages rougeauds et hilares, de chants allemands entonnés tous en chœur, et on passe pour l'instant sur l'épatante gastronomie bavaroise, l'Oktoberfest mythique de Munich débarque porte de la Villette pour dix jours. Histoire de mettre enfin un peu d'Allemagne dans la capitale, Ralf Schneider de AFR events, à l'initiative du projet, avec la chambre de franco-allemande de commerce et d'industrie, s'étonnait de ce que «la France et l'Allemagne sont des partenaires économiques importants et pourtant il n'existe aucun événement d'envergure allemand à Paris». Un échantillon de la Kultur bavaroise pour les Parisiens ? C'est chose faite.
Notons que personne ne tient dix jours d'affilée dans un Oktoberfest, sauf peut-être quelques Bavarois effilés dans leur Lederhose (pantacourts en peau des paysans, couramment portés encore dans les fêtes ou les mariages) et Trachtenhut (chapeau tradi alpin en feutre). Et leurs femmes en Dirndl (seyante tenue folklorique et colorée avec chemise bouffante, corsage par dessus, jupe, tablier, inspiré des servantes autrichiennes du XIXème siècle qui s'infilrtre ensuite dans la bourgeoisie). Il faut voir les serveuses porter plusieurs chopes (Mass) d'un litre dans une seule main, rien que pour ça, ça vaut le coup. On peut y aller en costume, (à shopper aussi sur le site de C&A, c'est dire si la Bavière a le vent en poupe), il resservira dans n'importe quelle soirée de bonne tenue.
Créé le 17 octobre 1810 lors des fêtes qui suivirent le mariage du futur roi Louis Ier de Bavière avec la princesse Thérèse de Saxe-Hildburghausen (ils auront neuf enfants, preuve que la bière a fait des siennes pour la natalité du pays), l’Oktoberfest, commence toujours le premier samedi de la deuxième quinzaine de septembre à midi exactement et s'achève le premier dimanche d'octobre. Il a célébré ses 200 ans en 2010, et l'auteur de ses lignes, bien que présente à l'événement, n'en a strictement aucun souvenir. A Munich, on festoie en centre-ville, sur le Theresenwiese, (la plaine de Thérèse), un terrain vague d'une trentaine d'hectares. A la Villette, on se contentera d'une tente aménagée pour 1000 personnes, on trouvera une fanfare sur scène ainsi qu’une piste de danse, avec cette fameuse musique bavaroise si goutue qui ça donne immédiatement envie d'envahir la Polo, euh de danser les danses folkloriques locales qui ne sont pas si faciles à interpréter, crois-moi. S'entraîner comme suit, en regardant quelques images de la version 2011 :
On boit quoi ? De la bière, évidemment, par litres (cinq millions environ chaque Oktoberfest, et autant de visiteurs), mais exclusivement issues des six grandes brasseries munichoises traditionnelles, au nombre desquelles figure la Brasserie Paulaner (Hofbraü Paulaner), de la brasserie de Munich (Hofbraühaus Munchen), de l'Augustiner, entre autres qui ont le privilège de pouvoir brasser et proposer la bière de spécialité à la consommation. Autant les goûter toutes (surtout les blanches) pour se faire une idée, chacune étant brassée selon un savoir-faire de plusieurs centaines d'années. Et avec uniquement quatre ingrédients, pas un de plus. Conformément au «Bayerisches Reinheitsgebot», la loi bavaroise sur la pureté de la bière de 1516, ces ingrédients sont le houblon, le malt, l’eau et la levure. Et rien de plus.
Pour éponger, il est d'usage d'abuser la roborative gastronomie bavaroise, dont la so typisch Wurst, la saucisse, avec la délicieuse moutarde un peu sucrée, saucisse parfumée à tout ce qu'on veut, il y en a plus de mille sortes, parfois avec des frites, mais c'est un peu hérétique. Le Leberkäse est fait de viande de porc et de bœuf finement hachée et cuite dans un plat à pain. On le mange en tant que plat principal accompagné de salade de pommes de terre et d'œufs sur le plat. Un plat qui tient bien au corps, peut-être moins que les fameuses Spätzle, qui se composent d'une pâte visqueuse qu'on débite dans de l'eau bouillante. Une fois les pâtes égouttées, elles sont recouvertes de crème et de fromage d'Allgäu (petite région au dus de la Bavière), puis servies avec des oignons fondus. Ne surtout pas rater l'Obatzda, boules de fromage à pâte molle, souvent du camembert, que l'on mélange à du paprika, ou du cumin et autres épices mais aussi du beurre, sur des bretzels et accompagné de ? De bière, oui. Il sera toujours temps d'aller se rincer avec une bonne Sauerkraut mit Weisswein, de la choucroute avec du bon vin blanc. L'Allemagne n'a pas fini de surprendre.




