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Le portrait

Philippe Conticini, très chou

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Ce pâtissier créatif et reconnu, qui a conquis son autonomie et a maîtrisé son obésité, s’applique à faire passer son émotivité dans ses gâteaux.

Philippe Conticini à Paris, le 20 septembre. (Photo Bruno Charoy)
Publié le 03/10/2019 à 17h41

Il faut passer par la boulangerie pour accéder au restaurant. Caché, le lieu n’a rien du «speakeasy» clandestin où les gourmands braveraient déjà la prohibition de sel et de sucre qui menace. C’est un repaire célébré pour la générosité rénovée de son buffet tout compris. On est chez Boulom, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, et Philippe Conticini, drôle de bout d’homme, vient de réaliser une tarte aux agrumes, juste pour le plaisir de la création en commun.

L’émotion

Cet as de la pâtisserie, salué en son temps par Joël Robuchon comme «l'un des plus doués et des plus modernes», marche avec une canne, et, pour s'asseoir, choisit un banc plutôt qu'une chaise. Inventeur des verrines sucrées et refondateur de classiques comme le Paris-Brest et le Saint-Honoré, Conticini remonte souvent le dispositif de maintien qui lui fait office de sangle abdominale. Celui qui, à l'inverse de beaucoup de ses confrères, estime que les bons produits ne suffisent pas et qu'il faut qu'intervienne le génie créatif, mesure 1,85 m pour environ 160 kilos. Il dit : «Je ne me pèse pas, mais je me connais.» Il oppose une élégance soignée aux débordements de sa silhouette. Il arbore une barbiche parfaitement taillée, porte bretelles et gilet de soie. C'est en dessous que ça se gâte et qu'il se housse dans un jean très grande taille. Il parle en confiance, d'une voix sonore qui ne dissimule rien. Il est au clair avec ses douleurs passées. Il a croisé le chemin d'une thérapeute bo

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