Agriculture, énergies renouvelables, réinsertion, logement, tiers-lieux… En France et à l’étranger, la finance solidaire accompagne des projets innovants et fédérateurs. Analyses, reportages, portraits, tribunes… Un dossier réalisé en partenariat avec Fair, collectif de la finance à impact social.
Orange-pomme-épices, banane-agrumes, prune-cannelle… Derrière les parfums gourmands des confitures Re-Belle fabriquées à partir d’invendus promis au gaspillage, un projet d’insertion par le travail a porté ses fruits. «Après avoir démarré dans la cuisine d’un Ehpad d’Aubervilliers en 2017, l’association a emménagé, il y a trois ans, dans un atelier de 500 m2 avec un équipement semi-industriel à Stains. Cela a permis de développer la production, 20 tonnes par an désormais, et de recruter davantage dans le chantier d’insertion. Aujourd’hui, une quarantaine de personnes dont 80 % de femmes fabriquent des confitures et se forment, pendant six à vingt-quatre mois, pour retrouver le chemin de l’emploi», explique avec fierté sa directrice Christine Bourdarias.
Sur leur temps de travail (vingt-six heures par semaine), les employés bénéficient d’un accompagnement pour lever les freins qui les ont éloignés du marché du travail tels que l’accès aux droits, les problèmes de santé, la précarité du logement ou l’isolement social. «En 2025, sur les treize personnes qui ont fini leur parcours chez Re-Belle, les trois-quarts ont décroché un emploi en CDD, en CDI ou sont partis vers une formation qualifiante», se réjouit la responsable.
Partenaire historique
Depuis sa création, l’association a été financée par France Active, le ministère du Travail et de l’Emploi, les collectivités locales, Convergence France qui œuvre à l’insertion par le travail, des fonds européens et des partenaires privés. L’atelier, qu’une nouvelle équipe d’encadrement vient de redynamiser, doit aussi désormais permettre d’augmenter la part d’autofinancement (environ 20 % aujourd’hui) à travers les ventes.
Les clients de Re-Belle ? Monoprix, partenaire historique comme pourvoyeur de fruits, un grossiste alimentaire pour les professionnels, des épiceries et les acheteurs directs via le site web. «Ce qui rend notre projet passionnant et complexe à la fois, c’est la nécessité de combiner une mission sociale forte avec une activité entrepreneuriale», souligne Christine Bourdarias.
Pour assurer son avenir et mutualiser les ressources, Re-Belle s’est engagée aux côtés de trois associations solidaires du département, une ferme et deux acteurs dans la distribution, pour créer un éco pôle alimentaire qui devrait voir le jour à Stains fin 2027.




