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«Exilées», un festival à Paris pour redonner une place aux migrantes

Pour Maëlle Léna de l’association France terre d’asile, la manifestation du 14 et 15 novembre, au Ground Control, doit permettre de se mobiliser autour des droits et besoins des migrantes.

Alla et sa famille, des réfugiés ukrainiens, attendent un hébergement dans le centre France Terre d Asile du XVIIIe arrondissement à Paris en mars 2022. (Emeric Fohlen/Hans Lucas)
Publié le 06/11/2025 à 15h55, mis à jour le 25/11/2025 à 17h43

Santé, emploi, droits à un hébergement digne… A l’occasion du festival organisé par France terre d’asile au Ground Control, les 14 et 15 novembre à Paris, retour sur les itinéraires et les difficultés des femmes exilées.

Maëlle Léna, directrice du plaidoyer, de l’international et de la vie associative de l’organisation, revient sur les raisons de la tenue de cet événement.

Quel est l’objectif du festival ?

C’est un événement à la croisée du plaidoyer et de la sensibilisation du grand public. Il est dédié à la visibilisation, la valorisation et la mobilisation autour des droits des femmes exilées. Nous voulons mettre en lumière les obstacles spécifiques qu’elles rencontrent dans leur parcours en France ; qu’il s’agisse de l’accès à la santé, à l’emploi, aux droits, à un hébergement digne.

Il y aura une partie institutionnelle avec des recommandations élaborées dans le cadre de nos constats de terrain. Nous souhaitons aussi utiliser ce moment pour créer du lien entre les femmes accompagnées, les professionnelles qui sont à leurs côtés au quotidien et le grand public qui s’intéresse aux questions migratoires comme au féminisme. Enfin bien entendu, nous voulons donner la parole aux femmes concernées, montrer qu’elles ont le pouvoir d’agir. Dans cet objectif, elles témoigneront et partageront leurs revendications aux pouvoirs publics.

Y a-t-il un préjugé en particulier contre lequel vous luttez ?

Le premier sujet, c’est la visibilisation. Il y a une image des personnes migrantes qui est très masculine. On voit des bateaux surchargés avec des hommes jeunes et les femmes sont invisibilisées alors qu’elles constituent autour de la moitié des personnes qui migrent dans le monde et en France. C’est une proportion importante dont on a peu conscience dans le débat public. Elles sont par ailleurs surexposées aux situations de violences. Il peut s’agir de la raison de leur départ, de faits survenus dans leur parcours migratoire ou bien une fois qu’elles sont dans leur pays de destination.

Comment penser spécifiquement l’accompagnement des femmes ?

On ne peut pas dire que rien n’est fait. Dans le cadre de l’hébergement pour les demandeurs asiles, il y a des places dédiées aux femmes victimes de violence ou aux personnes victimes de traite. C’est une première ébauche d’approche genrée. Mais on parle de 300 places sur plus de 100 000 au total. C’est largement insuffisant. Autre exemple : les cours de français. Même quand l’offre existe, il n’y a pas de dispositif de garde d’enfants. Dès lors, les mères sont de fait exclues.

Il faut se dire que si l’on pense le même accompagnement pour tout le monde, on est en incapacité de répondre aux besoins spécifiques des femmes. Ce que l’on fait c’est reproduire ou accentuer les inégalités.

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