A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, reportages, analyses et témoignages. Un dossier réalisé en partenariat avec le Crédit Mutuel.
Passé le sas d’accueil sécurisé, on pénètre dans un immeuble de Nantes métropole avant d’entrer dans un vaste appartement à la décoration contemporaine. Les lumières, l’acoustique, les couleurs bleu lavande et pastel, les tapis au sol ou encore les canapés douillets, tout a été réfléchi pour créer un espace réconfortant et calme. Sur l’île de Nantes, Citad’elles, ouvert en novembre 2019, se veut un cocon, un lieu ressource pour accompagner les femmes victimes de violences et leurs enfants. Il accueille en moyenne trois nouvelles femmes par jour, et plutôt 6 ou 7 en ce début d’automne. «En cinq ans, 5 700 d’entre elles ont passé les portes de Citad’elles», précise Mahaut Bertu, adjointe déléguée à l’égalité, la ville non-sexiste et la lutte contre les discriminations. Toutes les tranches d’âge et catégories socioprofessionnelles sont concernées, mais près de 80 % des femmes sont âgées de moins de 45 ans et près de 90 % des femmes qui viennent chercher protection sont mères.
Si la plupart sont victimes de violences conjugales, le centre travaille sur des problématiques plus larges, comme la question du consentement, de l’inceste, des cyberviolences ; avec de plus en plus de femmes jeunes, tout juste majeures, accueillies. Ce qui fait la particularité de ce lieu géré par la ville, et qui a ouvert sur le modèle de la Maison des femmes de Saint-Denis, c’est une équipe pluridisciplinaire avec une vingtaine de professionnels, pour une prise en charge la plus complète possible, de jour comme de nuit. «Et même si la plupart des arrivées ont lieu le jour, les quelques urgences survenues la nuit justifient l’ouverture en continu», souligne Mahaut Bertu.
«Comprendre leur situation et celle des enfants»
A l’accueil, des coordinatrices de parcours évaluent d’abord les besoins. Responsable de cette partie, Nadège Liteau détaille : «leur rôle est primordial pour voir si elles ont besoin de soins urgents, comprendre leur situation et celle des enfants, les écouter, les soutenir» et mieux les accompagner par la suite. Une fois les témoignages recueillis, les femmes sont orientées vers les autres professionnels : assistante socio-éducative, travailleurs sociaux, psychiatre, sage-femme, permanence juridique, police ou gendarmerie.
Il est ainsi possible de porter plainte sur site. «C’est important car cela permet de travailler la plainte avant avec des juristes, des avocats», poursuit Mahaut Bertu. Dans un environnement rassurant, les détails qui n’en sont pas remontent. «Ici on prend le temps, un dépôt peut durer trois heures.» Régulièrement, l’espace accueille des permanences de la CAF ou d’associations pour l’accompagnement à la parentalité ou le soutien psychologique. Chez Citad’elles, on peut aussi se mettre à l’abri si le danger est immédiat. Le centre dispose enfin de trois appartements et d’une maison sous secret d’adresse.




