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Les services publics doivent occuper le cœur de la campagne des futures élections

La menace de l’arrêt des subventions est devenue une arme brandie contre la culture, l’éducation, la recherche ou l’information. Ce chantage porte atteinte à nos libertés fondamentales mais aussi à l’exécution de nos missions d’utilité publique.

(Jeanne Macaigne/Libération)
Par
Claire Guièze et Joris Mathieu
coprésidents du Syndeac
Publié le 14/12/2025 à 19h38

Culture, éducation, justice, information, sciences… Syndeac, le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, a organisé en 2025 une série de débats pour souligner le rôle et l’importance des services publics dans la société. Retour sur quelques moments clés.

Tout au long de l’année 2025, le Syndeac s’est engagé dans une campagne de convergence et de promotion de l’ensemble des services publics intitulée «Les services publics entrent en scène». Santé, recherche, justice, éducation ou encore information sont des services publics avec lesquels les professionnel·e·s de la culture œuvrent en complémentarité et tissent des projets au quotidien. En partenariat avec le collectif Nos Services publics, plusieurs salles de spectacles membres du Syndeac ont accueilli cette année une série de débats ouverts à toutes et tous, sur des sujets de service public touchant la vie des habitantes et des habitants.

Loin des artistes vivant dans une tour d’ivoire et déconnectés du monde, le service public de la culture que nous représentons est ancré dans le réel : les problématiques sociétales nous enrichissent, les problématiques financières nous percutent.

Dans un contexte budgétaire toujours plus volontairement austéritaire, qui sert de justification à la diminution des effectifs des fonctionnaires et aux suppressions de subventions des acteurs du champ social et culturel, nous refusons d’attendre le démantèlement total des services publics pour en constater le manque et le besoin. Loin de générer des économies, la réduction drastique des dépenses entraîne déjà un désastre social dont le coût cumulé dans les mois à venir sera inestimable. Seule une réflexion sur l’augmentation des recettes, à laquelle se refuse l’Etat, sera à même de nous en épargner.

Ouvrir notre campagne à Montluçon, dans un territoire rural, sur le sujet de la liberté de création et de diffusion, n’avait rien d’anodin : aux coupes budgétaires «contraintes» s’ajoutent de plus en plus régulièrement et ouvertement des coupes aux visées idéologiques assumées. Les discours populistes et, disons-le, réactionnaires qui les justifient, ne laissent nulle place au doute.

Mensonges populistes

Dénigrement sans fondement et sans critères objectifs de la qualité du service rendu ; dénonciation absurde d’une ultradépendance à l’argent public alors même que ce financement public garantit pour la population des principes d’équité et de justice sociale ; croisade anti-woke : la menace de l’arrêt des subventions est devenue une arme brandie aussi bien contre la culture que contre l’éducation, la recherche ou l’information. Ce chantage porte non seulement atteinte à nos libertés fondamentales mais aussi à l’exécution de nos missions d’utilité publique.

Tout comme des scientifiques, enseignant·e·s ou universitaires, les professionnel·le·s de la culture sont des cibles de plus en plus directes. Les entraves au bon déroulement d’évènements artistiques ou de conférences se multiplient ; les campagnes haineuses et diffamatoires sur les réseaux sociaux aussi. Le contrat d’engagement républicain – dont le Cese a demandé la suppression -, prétendument outil de défense des valeurs de la République, se retourne contre des centaines d’associations dès lors que l’une d’entre elles prend des positions qui déplaisent aux pouvoirs publics. Face à une telle situation, où le bon sens ne suffit plus à contrer la déraison et les mensonges populistes, nous avons souhaité sortir d’une posture défensive et lancer cette nouvelle dynamique afin que les services publics entrent pleinement en scène et occupent le cœur de la campagne des futures élections municipales, présidentielles et régionales.

Ces débats, dont Libération rend ici compte, nous ont permis d’unir nos forces pour porter une parole commune qui redonne toute vitalité aux valeurs progressistes qui nous animent. Le Syndeac et ses partenaires poursuivent dès maintenant leur mobilisation. Propageons un modèle de société désirable qui s’oppose à l’obscurité que nous promettent l’extrême droitisation des débats politiques et les politiques budgétaires austéritaires qui favorisent leur arrivée au pouvoir.

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