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Climat Libé Tour Marseille

Petites bêtes, gros dégâts : les espèces exotiques envahissantes à l’assaut de la région PACA

Ecureuil de Pallas, goujon asiatique ou fourmis électrique : la région peine à lutter contre les espèces exotiques envahissantes. Zone dotée d’une biodiversité très riche, peut-elle encore freiner la mécanique de ces invasions ?

Un écureuil de Pallas dans le Yunnan, en Chine. (Regis Cavignaux/Biosphoto. AFP)
Par
Antoine Donque, Amal-Lina Bennoui, Jade Navau, Margot Fourcade, Joséphine Winter
étudiants en master 1 Journalisme et Enjeux internationaux à Sciences Po Aix (en partenariat avec l’EJCAM)
Luna Grolleau
étudiante en master 1 Journalisme et Enjeux internationaux à l’EJCAM (en partenariat avec Sciences Po Aix)
Publié le 17/12/2025 à 12h40

Dans le cadre de l’étape marseillaise du Climat Libé Tour, le 10 octobre 2025, des étudiants en master journalisme à Science Po Aix et à l’EJCAM Marseille ont travaillé en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le service data de Libération. Nous publions aujourd’hui leurs articles.

Sous le soleil paisible des calanques, une menace s’installe. Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, les espèces invasives gagnent du terrain. Des ports internationaux de Marseille ou Nice, jusqu’aux rives du Rhône et de la Durance, ces intrus se propagent rapidement, bouleversant les écosystèmes locaux. Parmi eux, la fourmi électrique inquiète par ses piqûres douloureuses et son impact sur la faune. Face à ce danger grandissant, les collectivités locales multiplient les opérations de gestion et de prévention.

Retrouvez ici la provenance des espèces exotiques envahissantes de la région PACA.

«Une menace pour les écosystèmes»

Mathieu Clair, chef du service connaissance de l’Office français de la biodiversité pour les régions Paca et Corse, définit l’espèce exotique invasive. «C’est une espèce animale ou végétale exotique, dont son introduction par l’homme, volontaire ou fortuite, sur un territoire, représente une menace pour les écosystèmes.» On ne les remarque souvent pas ou peu, mais ses effets sont bien réels. Issue du dérèglement climatique et des échanges mondialisés, elle détruit cultures, forêts et infrastructures. Sa présence se paie cher : au-delà des dégâts visibles, la région perd des services essentiels. Régulation de l’eau, production agricole, équilibre des écosystèmes, tout vacille. A cela s’ajoutent les coûts de surveillance, d’éradication et de restauration écologique, souvent sous-estimés. Une menace silencieuse, mais lourde pour le territoire.

L’exemple de la fourmi électrique illustre la difficulté majeure pour les pouvoirs publics : choisir quel projet financer. Entre un manque de budget, un temps de décision lent et une coordination difficile, les espèces exotiques envahissantes ont le temps de se propager et le coût de l’opération augmente. «Un nid c’est une bouteille, un agent. Cent nids c’est cent bouteilles, cent agents», énumère Mathieu Clair.

Mais tout n’est pas perdu. Chacun peut agir à son échelle. Le rapport méthodologique de l’Office français de la biodiversité sur la stratégie Paca paru en 2020 propose notamment de devenir «sentinelle» et de participer à la surveillance. Chasseurs de fourmis dans l’âme, engagez-vous !

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