Maire de Bordeaux, ville hôte du Gsef 2025, Pierre Hurmic revient sur les rencontres qui l’ont marqué et trace les lignes d’un avenir de l’ESS qu’il dit fragilisée par un Etat de plus en plus «désengagé» face à cette «économie du futur».
Pendant trois jours, Bordeaux est devenue la capitale mondiale de l’ESS. La fréquentation a-t-elle été à la hauteur de vos attentes ?
Elle a dépassé, et de loin, tout ce que nous avions escompté. Après Séoul, Montréal, Bilbao, Mexico et Dakar, nous avons eu près de 11 000 participants, c’est presque deux fois plus qu’en 2023, lors de la précédente édition. A peu près 907 villes du monde étaient représentées.
L’ESS continue de gagner du terrain ?
Ce regain d’intérêt de plus en plus marqué arrive à un moment où certains Etats ont tendance à baisser leur soutien financier et politique dans l’économie sociale et solidaire. Dans le projet de loi de finances 2026, on constate un désengagement de l’Etat français avec une baisse de 54 % entre le budget 2025 et le budget 2026. Il y a un paradoxe à vouloir dire c’est «l’économie de demain», tout en coupant les moyens alloués à ce type d’économie innovante. Elle représente pourtant 10 % du PIB, 14 % de l’emploi privé et mobilise 22 millions de bénévoles. Dans un même temps, elle ne reçoit que 7 % des aides publiques dédiées aux entreprises… Cela nous paraît tout à fait anormal. Je plaide pour une équité des financements publics. Quand vous songez que 211 milliards d’euros vont c




