Au moment d’entrer dans l’hiver, rien de mieux que de mettre un pied dans l’océan. «Teahupo’o». Le nom est difficile à prononcer, et sans doute plus à surfer… En tout cas, elle donne lieu à un album époustouflant, dans lequel qui nous emmène au creux de cette vague mythique (1). «Nous partageons un amour, une relation fusionnelle avec la reine Teahupo’o, (située à Tahiti, en Polynésie française). Pour nous cette vague a tout : une beauté magnétique, un tube parfait un souffle orgasmique et une énergie hors du commun», écrit Tim Mc Kenna, photographe et auteur de l’ouvrage. «Tea est une belle obsédante, en forme de challenge ultime, en aucun cas un jeu d’enfant. Pourtant je m’y suis aventuré à seulement huit ans, attiré par cette force sacrée, ce feu liquide… J’y ai pris mes plus grosses vagues, vécu mes plus grandes extases, mais aussi subi mes plus méchantes bouffes.»
Aujourd’hui, Tea est devenu une véritable attraction touristique à Tahiti ; des bateaux-taxis transportant les visiteurs au plus près de la vague.
Pour Ingrid Astier, autrice d’un roman sur le sujet (Teahupo’o : Le souffle de la vague), qui témoigne dans le livre, ce n’est pas simplement une vague, c’est «La» vague. «La vague mythique, un monstre tout autant qu’une divinité. Une mâchoire écumeuse qui pulvérise l’arrogance ou un nirvana couronnant l’audace. Un diable vêtu d’écume. Pour la chevaucher ne faut-il pas être un demi-dieu ? Sa grâce tient du mirage et sa perfection se transforme rapidement en une redoutable addiction […] Elle vient quand elle veut, quand cela lui plaît. N’a-t-elle pas 8 000 kilomètres d’élan depuis l’Antarctique sans rien pour l’arrêter ?»
Une vague à part. Une vague qui inspire. «Les surfeurs qui défient les vagues hors du commun vivent parfois des expériences un peu mystiques. Des moments où le rationnel, le raisonnable, ne les concernent plus», conclut dans l’ouvrage le surfeur Garett Mc Namara.




