Mobilité, santé, solidarité, éducation... Bilan et projets de l’Association pour adultes et jeunes handicapés (Apajh) qui fête en 2026 ses cinquante ans.
Une salle comble pour un événement placé sous le signe de l’inclusion et de l’accessibilité. Lundi 15 décembre, au Carrousel du Louvre, à Paris, s’est tenue la vingtième cérémonie des trophées de l’Association pour adultes et jeunes handicapés (Apajh). Une structure qui accompagne «tous les types de handicap» (1). Animée par Alex Goude et ponctuée d’intermèdes musicaux, la soirée (rediffusée ci-dessous) a distingué trois initiatives, publiques et privées, engagées en faveur d’une meilleure intégration des personnes en situation de handicap dans différents aspects de la vie quotidienne.
C’est Jean-Louis Garcia, président de l’Apajh, qui a ouvert la cérémonie en évoquant avec émotion le 28 février 2005, date de la première édition des trophées, organisée au Palais des Congrès à l’initiative de son prédécesseur, Fernand Tournan. Depuis leur création, pas moins de 85 lauréats ont été récompensés.
La première catégorie était consacrée à l’école. Lorsqu’ils ne sont pas scolarisés dans des établissements spécialisés, les élèves en situation de handicap se heurtent encore à de nombreux obstacles d’accessibilité. Le prix a été attribué à R2Dtooldys, des stickers pour claviers d’ordinateur destinés aux personnes atteintes de troubles dys, créés en 2021. Leur concepteur, Ryann Dubois, étudiant breton âgé de 19 ans et lui-même dyslexique, a souligné l’impact concret de cette aide à la frappe informatique et rappelé que ces outils pouvaient être utiles en milieu professionnel. Les stickers ont d’ores et déjà été déployés dans l’ensemble des écoles de l’académie de Rennes.
«Des jeunes transformés»
La deuxième catégorie, dédiée au sport, a récompensé le département du Nord. Représentée sur scène par Patrick Valois, vice-président en charge de la ruralité et de l’environnement du département, l’initiative propose des «zones de répit en nature» pensées pour les personnes sur le spectre du trouble autistique. Ces espaces, sélectionnés pour leur calme, leurs chemins balisés et la présence d’animaux, offrent un environnement adapté à leurs besoins spécifiques. «On accueille des jeunes crispés et tendus, et ils reviennent une heure plus tard complètement transformés», a témoigné Patrick Valois.
Enfin, la culture était à l’honneur pour la troisième et dernière catégorie. Le théâtre Mogador, à Paris, a été distingué pour ses séances adaptées destinées aux personnes polyhandicapées, qu’il s’agisse de handicaps physiques ou mentaux. Lors de ces représentations, une cinquantaine en quatre ans, le public peut se déplacer librement, tandis que le son et les lumières sont atténués, sans que la mise en scène soit modifiée. Le directeur du théâtre, Laurent Bentata, a regretté à cette occasion que «trop peu» de ses confrères donnent la possibilité au plus grand nombre de profiter de leurs spectacles et a rappelé dans son discours que «la diversité et l’inclusion sont une opportunité, pas une contrainte».




