Son poste est une récompense, pas une vocation. Bernard Pons est ministre, mais sans passion. Là, il aurait pu être ailleurs. Un poste, comme une fin de carrière. Avant la retraite. Pour bons et loyaux services.
En attendant, dans son dos, Chirac veille. Comme toujours. Derrière le bureau de Bernard Pons, quelques objets résument son itinéraire: des livres sur l’affaire d’Ouvéa, des photos de famille... et celle d’un Chirac bronzé, arborant un éclatant sourire. Car pour le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Équipement et des Transports, Chirac, c’est aussi la famille. Au cœur de l’hiver dernier, s’il n’était resté qu’un chiraquien, Pons aurait pu être celui-là... Au temps du balladurisme triomphant, quand les notables de la majorité passaient avec armes et bagages dans le camp du Premier ministre, Pons est resté aux côtés de Chirac. Il le suit depuis trente ans. Depuis qu’en 1967, Pompidou, a lancé une escouade de jeunes gaullistes à l’assaut de circonscriptions radicales du centre de la France. «Seuls Chirac et moi avons été élus», se souvient fièrement Pons.
Le «bon docteur Pons», député du Lot où il exerce alors la médecine, se place dans le sillage du grand Jacques. Il ne le quittera plus. Secré