Charles Pasqua a reconnu officiellement hier la grande mosquée de Paris en tant qu'instance fédératrice d'un «islam d'en France». Le recteur Dalil Boubakeur est désormais considéré comme l'unique représentant de la deuxième religion de l'Hexagone. Une décision qui risque de radicaliser les divisions de la sphère coranique.
Hors la bannière de la mosquée de Paris, point de salut. Tel est, de façon lapidaire, le message lancé hier par Charles Pasqua depuis la place Beauvau, où étaient conviés une vingtaine de Français musulmans, dont beaucoup appartenaient à la vieille garde harki. Censés représenter l'islam de France, tous étaient membres du Conseil représentatif des musulmans de France (CRMF), créé en 1993 et présidé par Dalil Boubakeur, le sémillant recteur de la mosquée de Paris, qui, fort de ses amitiés chiraquiennes, a reçu mission, depuis le retour de la droite au pouvoir, de trouver la quadrature du cercle en structurant un islam tricolore.
Islam du «juste milieu» Le docteur Boubakeur avait le handicap de symboliser le cordon ombilical reliant les musulmans de l'Hexagone à l'Algérie, qui continue de financer le fonctionnement de la grande mosquée. Mais il avait l'avantage d'être d'origine française et de représenter un islam du «juste milieu», bien sous tous rapports aux yeux de l'Etat laïque. Pourtant, dans la course au leadership sur les populations musulmanes, Dalil Boubakeur n'était pas le mieux placé sur le terrain face aux grandes associations cora




