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Libération
Éditorial

Discrédits

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Publié le 26/01/1995 à 23h56

Discrédits Les socialistes sont incroyables. Ils sont en train de réaliser en trois semaines ce que la droite n'a pas réussi à mettre sur pied en trois ans, c'est-à-dire des primaires pour désigner leur candidat à la présidentielle, et ce ne sont que lamentations, exhortations, détestations, répudiations et portes qui claquent... On ose à peine faire remarquer qu'une formation politique qui demande à ses adhérents de sélectionner celui dont ils vont afficher la bobine sur les murs, c'est plutôt un signe de bonne santé démocratique. Reste à savoir si cette consultation, dans un parti féodalisé, présentera toutes les garanties de régularité, mais ceci est une autre histoire...

Les socialistes, qui ne font rien comme tout le monde, se seront donc évertués à discréditer à l'avance une procédure tout à fait honorable qu'ils avaient élaborée eux-mêmes. Pour savonner la planche du premier «candidat à la candidature» déclaré, l'inventivité déployée par certains dirigeants du PS a frôlé le génie. Fabius a tracé un portrait-robot du Président idéal qui ressemblait à s'y méprendre à tous ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient être candidats, mais surtout pas à Jospin. Henri Emmanuelli, naguère défenseur intransigeant de l'«identité» socialiste, est allé quémander l'adoubement du radical-affairiste Bernard Tapie, promu ainsi parrain de la gauche!

Et Jospin dans tout ça? Il a le mérite d'avoir déposé sa candidature sans faux-semblants, on reste perplexes sur les idées qu'il entend défendre.

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